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                     1939 : 8 Couvertures    Index
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184eme couverture  #184 1939 02 11 Jester (78,5 x 63,5cm)

La plupart des couvertures de Rockwell, au début de sa collaboration au Post, surtout celles qui dégageaient une touche humoristique, décrivaient une situation simple, qui induisait une seule émotion.
Puis il se rendit compte qu'une illustration qui évoquerait deux ou plusieurs sentiments différents - comme un sourire avec une mine renfrognée ou un rire bête avec une larme - aurait plus d'impact sur les lecteurs. Il rejoignait en cela Charles Dickens ou William Shakespeare qui avaient l'art de mélanger les scènes dramatiques avec les instants comiques."Et", ajoutait Rockwell, "ils étaient plutôt des gens bien"
C'est pourquoi il pensait que les illustrations représentant des enfants marchaient plutôt bien.
Pas seulement parcequ'elles étaient mignones et rigolottes, mais aussi parce qu'elles insufflaient une touche de  nostalgie douce-amère.
Dans cette couverture, Rockwell renvoie le bouffon triste à l'image joviale qu'il est sensé avoir.
Mais seul le génie de Rockwell pouvait réussir le tour de force de nous faire paraitre comique la mine triste du bouffon au point de nous faire rire, rejoignant en cela Emmett Kelly, le celèbre clown triste dont le personnage était hérité des clochards de la Grande Dépression des années 30'. **

** Traduction de l'article du livre " NORMAN ROCKWELL  AND THE SATURDAY EVENING POST Vol 2 "The Middle Years" "par D. &  M. STOLTZ (© The Four S 1976 ) p.151

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185eme couverture #185 1939 03 18 The Druggist (? x ?cm)

James K. Van Brunt est une dernière fois le modèle pour une couverture du Post. Rockwell l'employa de nombreuses fois, et c'était un de ses modèles fétiches. Avec sa "gueule" reconnaissable entre toutes et sa célèbre moustache, il ne pouvait pas passer inaperçu.
Ce tableau de 1939 a une histoire parallèle qui nous ramène au "Barbershop Quartet" de 1936

Nathan Holland, un voisin de Rockwell, l'aidait souvent dans sa recherche d'accessoires et de costumes pour ses tableaux.
En 1939, trois ans après qu'il ait peint le "The Barbershop Quartet", Rockwell peignit cette couverture du 1939 03 18  "The Druggist" représentant un pharmacien préparant une potion pour un jeune garçon enrhumé.. Et sur le mur, derrière le pharmacien, est accroché un diplôme dont le modèle fut fourni par Nathan Holland. En effet, ce diplôme n'était autre que celui de son père, pharmacien de son métier. D'ailleurs, Rockwell a fait apparaitre le nom de Holland sur le diplôme.
Ce tableau de 1939 représentait évidemment quelque chose de personnel pour Holland, et il demanda à l'artiste de lui céder le tableau une fois qu'il serait revenu du Saturday Evening Post pour impression. Habituellement, le Post payait 3000 dollars à Norman pour chaque couverture, et retournait le tableau. Mais "The Druggist" ne revint jamais ! Aussi, pour compenser, Rockwell donna "The Barbershop Quartet" à Nathan Holland. Et ce tableau est toujours dans cette famille Holland, transmis de génération en génération !

Les pharmaciens étaient des gens très importants, car ce sont eux qui préparaient les potions pour les malades. On voit bien sur cette couverture le mortier et son pilon, posés comme marque page sur le livre, permettant ainsi de respecter exactement les proportions imposées par la "recette" du sirop qu'il est en train de préparer. Le regard du gamin indique bien que l'apothicaire est son dernier recours ! Mais la main ferme du vieil homme qui pratique son mélange est un gage de confiance quant à la réussite de l'opération.
Les pharmaciens palliaient aussi à l'absence des médecins - qui étaient souvent obligés de se déplacer dans les campagnes pour examiner les malades - en soulageant les patients avec des onguents, des potions, des sirops, des tonics, et diverses pilules.
C'est cette Amérique que Rockwell aimait, celle du pharmacien qui fait sa potion, pas celle des labos qui fabriquaient des pilules à la chaine....

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186eme couverture #186 1939 04 29 Sport (? x ?cm)

En 1938, Mary et Norman Rockwell, de retour d'un voyage en Angleterre, commencèrent sérieusement à envisager de quitter New Rochelle, pour s'installer plutôt à la campagne.Ils suivirent la route n° 7 en direction du nord, et se retrouvèrent à Arlington, Vermont. Ils s'arrêtèrent pour la nuit à la Colonial Inn. Le lendemain, le patron de l'auberge, "Happy" Bottom, leur présenta Bert Immen, un agent immobillier.
Celui-ci les emmena visiter un corps de ferme qui incluait un verger, deux granges, une rivière, de grands champs, et 4000 m² de terrain.
"Vous voyez cette petite ile sur la rivière ?" demanda l'agent. "C'est là qu'est morte la seule personne d'Arlington pendant la Guerre d'Indépendance. C'était l'assistant du docteur, et celui-ci le tua par erreur dune balle de fusil... Aussi, comme vous le voyez, cette maison est historique."
Cette histoire tragique s'ajouta à l'attraction que ressentait les Rockwell pour la maison, et àprès une courte réflexion, ils décidèrent d'acheter cette maison.
Ils signèrent le lendemain, et contactèrent des artisans pour y faire des travaux, en particulier de transformer la plus petite des deux granges en un atelier pour Norman.
Au printemps suivant, il invita deux de ses amis, Mead Schaeffer, un illustrateur au Post  et Fred Hildebrandt, un des modèles favoris de Rockwell, à une partie de pêche à Arlington. Non pas que Rockwell aimait la pêche, mais surtout parcequ'il voulait les décider à venir habiter près de chez lui. Ce qu'ils firent.
On retrouve d'ailleurs Fred Hidebrandt sur cette couverture et tout ce que risque d'attraper ce pêcheur, c'est un bon coup de froid ! Les truites n'ont pas l'air de mordre, et malgré le grand nombre de mouches accrochées à son bob, la bredouille n'est pas loin ! Même la pipe met les pouces, et est toute retournée de cette situation ! Le pêcheur semble résigné, mais il s'accroche quand même à l'espoir qu'un poisson suicidaire vienne se prendre à son piège... et puis, qui sait, la pluie va peut-être enfin s'arrêter?...
Il est à noter que c'est la première couverture ou Rockwell change l'écriture de sa signature, et réalise celle-ci dans un script bi-colore du meilleur effet ! Mais cela ne sembla pas beaucoup plaire, et après une deuxième signature en script, il retourna à la fameuse signature que nous connaissons tous.

Aux dernières nouvelles, ce tableau a  été volé en Septembre 2013 dans le coffre où il était entreposé dans le Queens. Il avait été vendu aux enchères au mois de Mai par la société Sotheby's pour plus d'un million de $.
L'enquête est en cours pour retrouver l'oeuvre, et la police a fait appel à la population pour l'aider. (Voir la page "Infos Rockwell")

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187eme couverture #187 1939 07 08 100 Years of Base Ball (87 x70cm)                                                       

D'après la légende, réfutée par les spécialistes, c'est en 1839, qu'un certain Abner Doubleday, célèbre général de la guerre de Sécession, dessina sur un champ une surface en forme de diamant comportant quatre bases éloignées l'une de l'autre de 60 pieds. Cela se passait à Cooperstown, dans l'état de New York et le Baseball venait de naître...
Il devint immédiatement très populaire, et on l'appela le "passe-temps Américain". Un siècle plus tard, le Musée du Baseball, the "National Baseball Museum and Hall of Fame" fut inauguré à Cooperstown, et il est devenu un des sites  incontournables des Etats Unis.
Le Saturday Evening Post ne voulut pas manquer cet anniversaire, et choisit son artiste le plus fameux pour célébrer l'évènement par une couverture.
Utilisant des costumes rappelant les débuts de ce jeu, il nous montre l'arbitre positionné derrière le lanceur, prêt à vérifier la régularité du lancer.
C'est une des plus célèbres illustrations de Rockwell et 100 Years of Baseball est fièrement accroché au mur du "National Museum of Baseball".
Bien que non pratiquant de sport, Rockwell aimait bien le baseball, et il le représenta souvent sur les couvertures du Post, sans compter les allusions à ce sport comme dans "Star Struck" où l'on voit le gant et la balle sous le chien, "Returning from Camp" où la batte est accrochée à la valise ou  bien encore "A Day in the Life of a Boy" où le baseball est une des activités du jeune garçon. Et on peut aussi rajouter "New Glasses", où le gamin en rogne après l'ophtalmologiste est venu à la visite avec son gant et sa casquette de baseball...
Et je ne parle là que des couvertures du Post, il a fait de nombreuses autres illustrations pour d'autres magazines, ou publicités ayant trait à ce sport !...
Pour la seconde fois consécutive, Rockwell abandonne sa signature reconnaissable entre toutes pour une écriture cursive.
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188eme couverture #188 1939 08 05 Summer Stock (? x ?cm)

Les Rockwell aimaient beaucoup leurs premières vacances dans le Vermont. Nouveaux paysages, nouveaux modèles, nouvelles expériences et plein d'espace pour travailler sonnèrent comme un réveil pour le peintre. Les enfants aimaient se baigner et pêcher dans la Batten Kill River. Norman et Mary trouvaient le temps de se faire de nouveaux amis, et s'intéressaient aux activités locales, allaient danser dans les granges et regardaient les piéces de théâtre jouées par des troupes d'amateurs.
Dans cette peinture, Rockwell nous montre comme cela peut être difficile de présenter un spectacle avec peu de moyens. Voici Norman Rockwell en train de peindre ce tableau.
L'affiche derrière la jeune femme indique que la pièce jouée est "Elizabeth the Great" et que cette pièce va être jouée par "The Summer Barn Theater" (le Théâtre d'été de la Grange")
L'actrice finit de se maquiller. C'est sûrement elle le personnage principal, et son costume est magnifique et plein d'ornements. Et il ressemble vraiment à un costume de la Reine Elizabeth 1ère d'Angleterre. Elle a finit de se remémorer son texte, qui traine maintenant sur le sol
Dans ce tableau, Rockwell se sert du logo du journal en y incluant des éléments de son histoire. Une poule, de la paille, tout cela nous montre que la scène est plutôt rustique.
Et il y a du foin sur le sol, sur le costume, sur le banc, sur les programmes, sur la "table" de maquillage... Les poules espèrent que la représentation va bientôt commencer, car elles aimeraient bien récupérer le cageot qui leur sert de nid sous la table de maquillage !
Notez le retour de Rockwell à sa traditionnelle signature...

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189eme couverture #189 1939 09 02 Marbles Champion (71 x 55cm)

J'aime beaucoup les joueurs de billes, avec la gamine qui ratisse les garçons ! Elle vient déjà de faire le hold-up sur les billes du jeune garçon blond, qui n'est autre que Jarvis Rockwell, le fils ainé du peintre. Celui-ci, son sac vide pendant désespérément de sa poche, se contente du rôle de spectateur. Sûr qu'il regarde attentivement et essaie de comprendre la méthode infaillible de la gamine... qui est en train de donner le coup de grâce à l'autre gamin ! La mine défaite de celui-ci ne met aucun doute sur l'issue de ce dernier coup ! Son sac est lamentablement vide. La gamine a déjà ajusté sa cible, et la dernière bille va aller rejoindre le tas déjà à côté d'elle ! Son sac est déjà plein, et plus de 70 billes sont à côté... Mais comment fait-elle?!!!
Regardez son regard qui montre que tout est déjà joué ! Ce dernier coup est son triomphe !
Fille contre garçons, vainqueur et perdants, roux contre blond et brun, sac plein et sacs vides, maitre et élèves... que de contrastes !
La rentrée scolaire vient juste d'arriver - nous sommes en Septembre - et déjà les deux garçons ont trouvé leur maître !
C'est la première couverture qu'il fit après s'être installé à Arlington. Elle correspond aussi au début de la guerre en Europe.
Les jeunes américaines adoraient cette couverture... tandis que les jeunes américains disaient que les deux garçons sur la couverture avaient laissé gagner la gamine !!! A chacun sa vérité!...
Notez le détail des vêtements des enfants, cela donne une bonne idée de ce qu'ils mettaient à l'époque . Et sur la robe de la gamine, des points sont imprimés... de la taille des billes !
Sûrement un signe !
Ruth Skellie avait 11 ans quand elle posa pour cette couverture. Elle est maintenant agée de 84 ans, et son regard pétille encore de la leçon qu'elle a donné aux deux garçons !

Le lendemain de la sortie de cette couverture, la France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne nazie et la vieille Europe va être à feu et à sang durant plus de cinq ans... Les Etas-Unis s'engageront à leur tour en décembre 1941, et ce n'est plus ce visage d'insouciance que montreront les enfants du monde entier.
La victoire n'était plus un nombre de billes, mais avait pour nom "Liberté".

 
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A PROPOS DE
sep1938
 

Connaissez-vous le Balopticon Projector ? Non ? Eh bien voici qui va vous éclairer sur l’emploi qu’en faisait Norman Rockwell.
Le Balopticon Projector était commercialisé par la société Bausch & Lomb à partir des années 1910’s. (Balopticon est la contraction de Bausch and Lomb Opticon) Cette société est l'inventeur des Ray-Ban en 1936
Par le biais d’une lumière très forte, d’un miroir et d’une lentille ajustable, il projette une image à la taille voulue. La lumière ne traverse pas l’image comme sur des diapositives, mais renvoie l’image, c’est un peu l’ancêtre des rétro-projecteurs. Et l’illustrateur peut ainsi agrandir ainsi la photo d’origine et dessiner les contours de ce qu’il veut peindre.
Norman Rockwell disait, à propos du Balopticon :
" C’est une machine diabolique, anti-artistique, vicieuse, qui pousse à la fainéantise, et dont on devient vite dépendant. C’est aussi un instrument très utile, qui fait gagner énormément de temps, pratique  et dont on ne peut plus se passer… J’utilise un tel projecteur, et j’en ai plutôt honte. Je le cache à chaque fois que quelqu’un arrive chez moi !...
J’ai quand même deux bonnes excuses pour l’utiliser : d’abord, tous les illustrateurs s’en servent, et, pour comparer, il suffit de dire que plus personne n’utiliserait de voitures à cheval alors que l’on a des automobiles. Et puis j’arrive aussi à l’utiliser de moins en moins longtemps. Mais j’en ai quand même toujours un sous la main, car il est d’un grand secours dans beaucoup de cas… "
Rockwell plaçait ses photos dans l’appareil, l’allumait et se plaçait entre l’image projetée et le projecteur. Après avoir choisi la taille définitive de l’image finale, il dessinait au crayon les contours de la photographie.
Une fois le croquis initial terminé, il le renvoyait au photographe qui le reprenait en photo et tirait plusieurs épreuves en noir et blanc, à la taille que le peintre voulait pour son tableau définitif (la taille de la couverture du Post ). Il mettait une épreuve sur un carton, et faisait des essais de couleurs. Et ensuite, cette ébauche lui servait de guide pour le tableau définitif.
 
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190eme couverture #190 1939 11 04 Sheriff and Prisoner   (87,5 x 75cm)

Une des premières personnes dont Rockwell fit la connaissance à Arlington fut Harvey McKee, le sheriff adjoint de la ville. Dans son autobiographie, Rockwell le décrivait ainsi :
"Harvey Mc Kee était un petit homme qui parlait doucement, avec des cheveux blancs en bataille et une moustache tombante, en guidon de vélo. Mais la taille de cette homme et sa façon d'être étaient trompeuses. Et certaines des histoires qu'il racontait sur les ivrognes et les voyous qui atterrissaient dans sa prison nous faisaient parfois dresser les cheveux sur la tête"
Après que Rockwell l'ait observé et écouté raconter ses histoires, il eut l'idée de cette couverture, où l'on voit Harvey, le sheriff adjoint, assis à l'extérieur d'une cellule, pensif, la larme à l'oeil. Il faut dire aussi que le prisonnier joue à l'harmonica une triste mélopée.
Son chien fidèle est à ses pieds, attaché à la chaise, et son fusil, peut-être la seule chose en quoi il ait confiance, est posé sur ses genoux. Et, pour prendre la clé, il faudra passer l'obstacle de l'arme ! Ses pensées sont dans le vague, et son regard fixe un point lointain, bercé par la musique.
Quelques jours après qu'Harvey McKee ait accepté de poser pour cette couverture, il arriva au studio avec une vertèbre fracturée, et sa main gauche toute enflée. Il raconta à Rockwell qu'il s'était fait tabasser par deux voyous alors qu'il portait secours à une jeune fille dans le désert.
Rockwell lui demanda s'il voulait repousser la pose pour la couverture, mais McKee refusa, et Rockwell peignit le sheriff avec sa main abimée.
Les deux voyous furent arrêtés quelques temps après.
En 1940, McKee réapparut dans une célèbre illustration parue dans le Post du 1940 11 02, "Blacksmith's Boy - Heel and Toe".
Et, cerise sur le gâteau, Rockwel lui fait endosser deux personnages différents dans cette illustration où figuraient d'ailleurs d'autres voisins et amis de sa ville d'Arlington. Pour ne pas être en reste, Rockwell nous gratifie également dans cette forge, d'un auto-portrait!
Retrouvez Harvey McKee et Norman Rockwell dans "Heel and Toe"!
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191eme couverture #191 1939 12 16 Santa at Map (94 x 73,5cm)

Le premier hiver des Rockwell à Arlington fut un vrai hiver. Il faisait un bon petit froid sec qui descendait des "Green Mountains". Cela changeait des jours humides et gris de la ville. Et Noël était comme les Noël devaient être. Avec de la neige ! Elle tenait longtemps dans la région, et rendait la campagne magnifique. Les voisins étaient chaleureux et très amicaux, et il y avait du bonheur et de la satisfaction chez les Rockwell.
Maintenant que les enfants étaient plus grands, - Jerry avait 8 ans, Tom 6 ans, et Peter 3 ans - les vacances avaient plus de signification et apportaient de l'excitation dans la maison.
Le Père Noël allait passer,  et les gentils garçons et filles allaient avoir tout ce qu'ils avaient demandé.
Le Père Noël est assis sur son tabouret, en train de lire son carnet contenant les noms de tous les enfants irréprochables de la terre. Il place soigneusement son ruban rouge et marque toutes les étapes qu'il va faire dans la nuit de Noël... Il n'est pas au bout !
Et bien qu'il cache avec sa corpulence la ville d'Arlington (dans le Vermont, au Nord-Est des Etats Unis) nul doute que cette vile soit une des premières étapes de sa tournée !
Le Père Noël a encore ses petites savattes rouges au pied, bientôt viendra le temps d'enfiler les bottes ! La plume trône sur son oreille, il aura sûrement des noms à rajouter au dernier moment ! Vue son imposante bedaine, Rockwell nous rassure en nous montrant ses bretelles, son pantalon ne risque pas de tomber pendant la tournée, ça la ficherait mal, quand même !
Et puis, avez-vous remarqué l'auréole qui surmonte sa tête ?... L'aura du Père Noël est très grande auprès des enfants et cela doit rester incontournable.
La carte qu'il emploie est ancienne,  elle semble être du XVIème ou XVIIème siècle. A la gauche de la jambe du personnage, juste sous le "U" de "South"on peut y lire "St Pauls 1567", certainement la date de découverte de cette ile, dans une forme d'écriture ancienne. Et juste sous son pied on peut lire "Easter Island" qui le nom anglais de l'Ile de Pâques.
Même le titre du journal, noir habituellement, a adopté la couleur rouge de Noël.. La couleur rouge est aussi dans la signature du peintre. On se croirait revenu avant 1926, quand les couvertures du Post n'étaient imprimées qu'à partir du rouge et du noir.
Le livre "Behind the Camera"** nous montre une photo de la séance de pose qui a servi au peintre pour réaliser cette couverture. Malheureusement, elle ne donne aucun détail sur la personne qui servit de modèle, et, malgré mes recherches, je n'ai pas réussi à trouver le moindre renseignement sur cette personne qui était sûrement, comme d'habitude chez le peintre, un ami ou un voisin de Rockwell. Comparez les détails du pantalon et de l'attitude générale du modèle avec le tableau final !

**" BEHIND THE CAMERA "par RON SCHICK (© LITTLE BROWN 2009 ) p. 96

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