sep16
1931 : 8 Couvertures
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Cliquez sur le titre de chaque couverture pour agrandir celle-ci


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A PROPOS DU
sep1921


Les années 30 ont été les années du changement pour le Post.
Le magazine avait souffert de la crise de 1929, et pour la première fois depuis que Lorimer avait amené ce journal en tête des publications, le magazine et l'éditeur se trouvaient en dehors des préoccupations des lecteurs. L'élection de FD Roosevelt avait  marqué un profond changement  dans les valeurs américaines, et le Post assumait son rôle de journal d'opposition. Il fit campagne en 1936 pour la restauration des valeurs traditionnelles américaines et pour le candidat républicain. Mais avec la réélection de Roosevelt, - et une santé déclinante -  Lorimer démissionna après 36 ans à la tête du Post. Il mourut l'année suivante.
Le nouvel éditeur fut donc, à partir de Janvier 1937 Wesley Stout.
Rockwell et Leyendecker sont les principaux fournisseurs de couvertures. A eux deux, ils produisent le tiers des couvertures des dernières années Lorimer. Juste un poignée d'autres illustrateurs produisent chacun 4 ou 5 couvertures par an, sur des thèmes généraux figurant des enfants ou des portraits de femmes. ( A l'exception de Anton Otto Fischer, spécialiste de mer et de bateaux, et de Edgar Franklin Wittmack qui sublime le Héros ).

Cette petite page d'histoire évoquée, on repart en ballade à travers l'art de Rockwell...

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nu #132 1931 01 31 A new Hat   (? x ?cm)                                      

Norman et Mary Rockwell filaient désormais le plus parfait amour. Ils étaient installés dans leur nouvelle maison à New Rochelle, au 24, Lord Kitchener Road dans l'état de New York.
Ils étaient très heureux, et le travail de Rockwell s'en ressentait. Ses peintures - claires, aérées, et colorées - reflétaient bien son état d'esprit.
Sur cette couverture, une jeune femme, élégante dans sa robe très ouvragée, essaye des chapeaux qui complèteront son habillement. La vendeuse, patiente, la complimente sur ses choix... à moins que ce ne soit que flatterie commerciale?
Rockwell reprendra, pour sa couverture du 1954 03 06 "Girl at the Mirror" le thème de la jeune fille devant son miroir, mais cette oeuvre-là aura une toute autre dimension, probablement un des plus grands chefs d'oeuvre de l'auteur.
Notez la trousse de couture de la conseillère, outil indispensable pour une palier aux exigences immédiates de la jeune fille!
Mais ce masque qui pend le long du miroir ne nous indique-t-il pas que tout ceci n'est qu'un essai pour une soirée déguisée?

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nu #133 1931 03 28 Fire (104 x 78,5cm)

Une nouvelle théorie de la peinture avait été initialisée par Jay Ambidge : la Dynamic Symmetry. Elle disait que d'une approche mathématique et géométrique de la peinture découlait des proportions et une symétrie proche du nombre d'or.
Conseillé par certains de ses amis artistes, Rockwell se lança dans cette direction pour cette couverture, "Fire" (ou "Off the Fire ").
Mais cette couverture fut un échec cuisant, et Rockwell se débarassa de l'original en le donnant à un de ses cousins qui habitait Philadelphie.
Et il fit le voeu de revenir dorénavant à des techniques qui avaient fait leurs preuves dans le passé !

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134eme couverture #134 1931 04 18 The Busts (? x ?cm)

A travers toutes ses années d'illustrateur, Rockwell s'est toujours attaché à montrer les gens en activité, pleins d'énergie et de vitalité, dans différentes facettes de leurs conditions de travail. Parfois, pourtant, il montrait des gens fatigués, harrassés par leur job.
Ici, l'homme reprend son souffle quelques instants... c'est qu'ils ne sont pas légers, ces deux bustes !
Rockwell réussit là à nous rendre sympathique ce livreur, et à faire ressembler son visage à un de ces bustes qu'il transporte ! Comme les Grecs et les Romains savaient immortaliser les personnages par leur statue, il réussit à figer l'expression de son modèle pour que l'on ait non pas deux bustes, mais trois !
Cette couverture, "The Busts " me fait invariablement penser à une courte nouvelle de Gaston Leroux parue en 1911 et que j'avais entendue racontée au début des années 1980 par Daniel Mermet le fameux homme de radio : "Le Diner des Bustes".
Retrouvez son texte intégral ici, et dans moins d'une demi- heure, je vous garantis que vous ne regarderez plus jamais un buste de la même façon.
30 ans après avoir entendu cette nouvelle, j'en frissonne encore !

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nu #135 1931 06 13 Cramming (? x ?cm)

Cette couverture du 1931 06 13 "Cramming" nous indique que le temps des révisions arrive.
Concentration maximum, des tonnes de livres, des notes qu'on relit, des litres de café avalés, les week-ends ensoleillés passé dans une petite pièce, sur un petit bureau, le copain qui est là pour aider, ou demander de l'aide...
Et surtout l'espoir qu'à force de travail et d'investissement personnel dans tous ces documents on va pouvoir décrocher le Graal, ce fichu bout de papier qui va permettre d'arriver à pieds joints dans la vie active, et de quitter ces bancs d'école où l'on a passé tant d'années, de quitter sa jeunesse pour devenir adulte.
Rockwell était très attaché à l'école, et plusieurs de ses couvertures avaient rapport avec cette institution, comme Knowledge is Power, Valedictorian, The Scholar, Back to School, The Law Student, Spirit of Education, School Days, Willie Gillis back to the College, The Shiner, Surprise ou encore Graduate.

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nu #136 1931 07 25 The Milkmaid   (78 x 58cm)

A nouveau les bonnes idées commençaient à devenir de plus en plus rares, et Rockwell était de moins en moins satisfait de son travail. Encore que beaucoup d'admirateurs guettaient les magazines arborant ses couvertures, et peu étaient décus. Mais tout cela ne plaisait pas à Rockwell.
Pour cette couverture d'été 1931, Rockwell plongea dans son sac à malices et dégota une idée toute américaine avec ses personages dignes de l'époque des colonies.
Un ptit baiser volé à la laitière devrait donner du baume  au coeur des Américains qui se débattaient en pleine crise post 1929!
La jeune crèmière est Muriel Bliss Hailwood et le p'tit veinard qui la becotte n'est autre que Fred Hildebrandt, que l'on avait vus tous les deux sur la couverture du 1930 09 13 "Home from Vacation". ( Ami personnel de Rockwell, on retrouvera Fred Hildebrandt, un de ses modèles favoris sur des couvertures du Post, et aussi sur des illustrations, des tableaux commémoratifs et des publicités ainsi que sur  "Walk in the Country" en 1935)
Rockwell n'avait pas le droit de se tromper pour une couverture vantant l'amour, il a parfaitement réussi son coup ! Le petit pont minimaliste et le ciel bleu y sont aussi pour beaucoup, et chaque américain se sentit d'un seul coup jaloux de la bonne fortune du garçon !
CQFD !
            
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nu #137 1931 09 05 Croquet (? x ?cm)

Né à la fin du XIXème siècle le croquet devint très populaire dans les années 30'.
Rockwell vit là l'opportunité d'une couverture qui intéresserait tout le monde.
Mais, à bien y regarder, on voit surtout que l'intérêt développé par le joueur se porte plutôt sur la jeune femme que sur le jeu lui-même ! Elle a le regard concentré sur ce qui est sans doute le coup du siècle, bien loin des pensées qui animent le jeune homme.
Rockwell a mis un soin tout particulier à décrire les costumes, plutôt représentatifs d'une classe aisée à défaut d'être populaire. La casquette rend le joueur un rien excentrique, le rendant même croquignolet dans son attitude !
Pour ses illustrations, Rockwell procédait toujours par une série de phases incontournables. D'abord, juste un croquis pour matérialiser une idée. Ensuite, le choix et l'assemblage des modèles, des accessoires, des costumes, et de la mise en scène. Puis, un dessin individuel des différents protagonistes en situation, souvent peint à grands traits en aquarelle et parfois à l'huile. Et enfin, quand tout était bien fixé sur ces dernières ébauches, l'illustration définitive.

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138eme couverture #138 1931 11 07 Sour Note (86 x 71cm)

Cett couverture est la huitième que Rockwell a fait sur le thème de la musique. (Retrouvez les sept autres ici...)
Ce commis profite d'une petite pause - ou d'un temps mort - pour jouer de son instrument. Assis "confortablement" sur un sac de pommes de terre, il s'applique à lire sa partition, peut-être pour le concert de Samedi ? Il bat la mesure avec son pied, mais tout cela n'a pas l'air au goût du petit chien qui voudrait bien être ailleurs plutôt que subir cela pendant de longs moments ! Il a beau se cacher derrière le costume du musicien, il n'échappera pas au concert.
Mais peut-être pourrait-il se mettre à aboyer en rythme pour accompagner le trompettiste... comme le fera plus tard - en 1971 - le chien "Seamus" dans le morceau du même nom pour l'album "Meddle" de Pink Floyd (que je vous engage à redécouvrir!).
Mais c'est lui qui voit, hein !

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139eme couverture #139 1931 12 12 Merrie Christmas (103 x 76cm)

Pour Rockwell, la passion de la musique sous toutes ses formes vint d'une rencontre effectuée dans sa jeunesse alors qu'il faisait un extra au Metropolitan Opera de New York.
Il eut la chance d'y croiser, et d'entendre chanter le grand Enrico Caruso (cliquez sur le lien, et, en bas de l'article Wikipedia, vous pourrez même entendre Caruso chanter dans des enregistrements d'époque )
Dans le miroir, derrière les musiciens, on aperçoit les danseurs. Sans doute effectuent-ils les pas d'un de ces fameux menuets qui firent la gloire de Lully? En tout cas, les instruments, pourraient le laisser supposer.
Les musiciens semblent bien s'amuser, et celui qui joue de la contrebasse me fait penser à Pops Frederick, un habitué du chevalet de Rockwell.
Les costumes sont magnifiques, comme d'habitude chez Rockwell, et l'effet miroir nous invite à participer à cette fête.
Une bonne façon pour Rockwell de souhaiter un "Joyeux Noël" aux lecteurs du Post.
 
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A PROPOS DE
sep1938


*Au printemps 1932, déçu de la tournure que prennent sa peinture et son inspiration, il déclare à Mary son intention de partir pour Paris. Il avait besoin d'étudier autre chose, lui dit-il. Sa peinture n'allait pas dans le sens qu'il espérait, et l'expérience de la symétrie dynamique s'était avérée néfaste dans l'évolution du peintre (Voir l'article "Fire" du 1931 03 28 en haut de cette page ) et il pensait qu'il pourrait trouver de nouvelles sources d'inspiration en Europe. Picasso et Braque avaient une nouvelle approche de la peinture, et il souhaitait s'investir d'avantage dans cette direction.
Un premier fils venait de naître de leur union, Jarvis. Mary prépara donc les bagages, ferma la maison, et ils partirent tout les trois pour Paris sans date de retour prévue.
Norman se plongea dès son arrivée en France dans cette nouvelle voie et suivit les cours de plusieurs écoles. Dans chacune d'elle, on lui enseignait différemment. Et dans chacune d'elles, étudiants et professeurs lui demandaient de leur apprendre comment devenir un illustrateur à succès ! Les professeurs étaient très embarrassés de devoir apprendre à un homme qui gagnait en une semaine ce qu'ils mettaient un an à gagner...
Rockwell resta sept mois à Paris, et "commit" deux couvertures abstraites, qui furent refusées par le Post.
Seulement trois de ses couvertures parurent pour le Post en 1932, et encore, l'une d'elle, qui parut le 1932 01 30 (ci-dessous)  avait été peinte à l'automne 1931, alors que Rockwell était encore en Amérique.
A la fin de son séjour, après sept mois passés en France, Rockwell avait finalement très peu appris, sinon le fait que son problème, c'était lui-même. Et cette sagesse de le reconnaitre fit que ce voyage en valut la peine. Plus tard, il confia à Rufus Jarman, un journaliste du "New Yorker Magazine" :
" Mes plus gros efforts furent pour des choses modernes qui ressemblaient à des Matisse pourris. Dieu merci, , j'ai réalisé que ce style ne me convenait pas du tout et que ces oeuvres étaient infectes, et j'ai quitté Paris."
Adieu, donc le Pont-Neuf !
Il retourna aux Etats-unis, et se remit à faire ce qu'il savait faire.
De son séjour à Paris, il nous reste les deux autres couvertures qu'il fit là-bas, et un carnet de croquis qui se trouve maintenant au Musée Norman Rockwell de Stockbridge.*

A propos de croquis, lors de son deuxième voyage en Europe, en 1927, il avait crayonné sur un carnet les nombreux endroits où il s'était rendu avec ses amis Dean Parmelee et Bill Barker. Hélas, ce carnet fut perdu au Musée du Prado, à Madrid. Et Rockwell se souvient :
**"Ce n'est pas pour le travail qu'il y avait dedans, je le trainais partout avec moi en Europe. C'est surtout que c'était mon carnet de souvenirs de ce voyage. Et il symbolisait ce voyage. Je l'avais fait juste pour le plaisir; il ne me servait à rien d'autre, et je ne voulais surtout pas le vendre. Je suis encore au bord des larmes quand j'en parle. Je n'ai jamais rien perdu qui m'ait rendu aussi triste.**


*  D'après "A Rockwell Portrait" de Donald Walton (© Andrews & McMeel 1978) p.109-110
**D'après " MY ADVENTURES AS AN ILLUSTRATOR "par THOMAS ROCKWELL ( © CURTIS PUBLISHING COMPANY 1960 ) p.178
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140eme couverture #140 1932 01 30 Boulevard Haussmann  (? x ?cm)                           

Un peu avant d'entreprendre son voyage à Paris (voir l'article ci-dessus ) Rockwell avait peint cette couverture, pendant l'automne 1931. Elle parut le 1932 01 30 et c'est une des trois couvertures qui furent éditées cette année-là.
Bien qu'elle fut peinte alors que Rockwell était encore en Amérique, le peintre ne s'est pas ménagé quant à son souci de l'authentique. Il faut dire qu'il avait une très importante documentation chez lui, et un nombre impressionnant de costumes d'époque. Sans doute n'avat-il pas de costumes de gendrame français du début du siècle, mais certainement, il avait des exemplaires du "Petit Journal" où il pouvait trouver beaucoup de documents intéressants comme celui-ci de 1894 ou celui-là de 1907.
Hélas, toute cette documentation et ces costumes disparurent dans un incendie en 1943, mais nous y reviendrons plus tard.
De même, regardez le guide que tient la jeune femme. Rockwell s'est servit des "Guide de Paris " des éditions Taride pour être le plus exact possible.
Comme quoi, rien ne sortait de son imagination. Il représentait les choses comme elles étaient, et avec un grand souci du détail.
Et jetez un oeil sur les mains du gendarme: pas besoin de discours, on imagine sans peine l'itinéraire qu'il indique à la touriste égarée. C'est Fred Hildebrandt qui tient le rôle du gendarme, et Elizabeth Willard Chew le rôle de la touriste.
Mais c'est vrai qu'il y a de quoi s'égarer tout le long du Boulevard Haussmann. Ses grands magasins sont associés au nom du Baron Haussmann qui rénova Paris au XIXème siècle. On comprend que cette jeune femme soit tentée d'aller dépenser un peu d'argent dans toutes ces boutiques !
Rockwell resta 7 mois à Paris, avec sa femme et son fils qui venait de naitre.

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141eme couverture #141 1932 10 22 Puppet Maker (89 x 71cm)

Décidemment, 1932 n'est pas une grande année, et cette couverture , qui vient neuf mois après la précédente n'a vraiment rien d'exceptionnel. Les costumes des marionnettes sont beaux, c'est certain, avec leur look très XVIIIème siècle. Mais pas la moindre trace d'humour, là-dedans. Rockwell se contente de nous montrer... un montreur de marionnettes, comme si celui-ci présentait son produit pour le vendre. Il nous montre que les fils actionnent bien les personnages, que deux mains suffisent à les faire vivre. Mais il n'y a pas la moindre trace de fantaisie là-dedans, ni dans le marionnettiste, ni dans ses figurines.
Une couverture que je trouve décevante. Une couverture alimentaire, sans doute, que Rockwell devait par contrat. Mais tout cela, hein, c'est mon opinion, et elle n'engage que moi.
Dommage, car le monde des marionnettes est très vaste et aurait pu donner cours à une couverture certainement moins quelconque. Ah ! Si il avait été voir un spectacle de Guignol, sa couverture aurait certainement été moins "coincée"...
Comme quoi Rockwell ne savait vraiment pas où il en était...

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n #142 1932 12 10 Merrie Christmas (? x ?cm)

Norman Rockwell a toujours pensé que faire l'illustration d'une histoire était bien plus facile que de créer une couverture. Pour l'histoire, on suit un fil conducteur déjà en place, alors que la couverture doit faire vendre le magazine.
D'un autre côté, une couverture, c'est un sacré challenge! L'idée initiale une fois établie, celle-ci doit être améliorée depuis l'étincelle du départ, en passant par les idées folles de la création jusqu'à la jouissance suprême de l'artiste signant son oeuvre enfin achevée.
Les idées pour les couvertures de Noël venaient plutôt facilement pour Norman Rockwell. Le thème était simple, et tout se rapportait à cette fête dans les rues, les boutiques, les églises et les écoles. Chaque visage d'enfant montrait les joies, les espoirs et les surprises de cette période.
Une fois de plus, Rockwell situe cette œuvre dans le monde de Charles Dickens, à l’époque où, chez les gens du peuple, peu de périodes étaient propice à l’abondance.
La collection de costumes qu’avait le peintre lui était d’une aide plus que précieuse pour habiller ses modèles. Et d’ailleurs, le sourire qu’arbore cet homme est parfaitement mis en valeur par l’aspect rustique de ses habits. L’expression des visages était l’une des préoccupations majeures de Rockwell, et, comme il ne se servait pas encore des photographies pour faire ses peintures, on imagine sans peine le temps de pose que devaient prendre les modèles pour que le peintre arrive à l’expression souhaitée !
Donc cet homme franchit le seuil de sa maison, sûrement pour rendre visite à sa famille, ou à des amis. Des petites branches de houx ornent son chapeau et ses paniers. Il y a une oie et du vin dans chaque panier, ainsi que des pommes…. Ça va être la fête !
Mais il doit faire sacrément froid, car son nez est déjà rouge ! (A moins qu’il n’ait goûté le vin, pour être sûr de la qualité de ses cadeaux…) En tout cas, il est paré, avec sa grosse écharpe rouge, ses moufles et ses bottes ! Le manteau est fermé jusqu’en haut et le chapeau bien enfoncé jusqu’aux oreilles, il n’aura pas le temps de prendre froid. Espérons qu’il n’ait pas trop de trajet à faire, et qu’il ne lui prenne pas l’envie de « s’en jeter un p’tit coup dans le gosier » pour se donner la force d’affronter le froid!
Encore une bonne idée de Rockwell pour souhaiter un "Merrie Christmas" aux lecteurs du Post!

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