sep16
                     1930 : 9 Couvertures    Index
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nu #123 1930 01 18 Stock Exchange Quote (96,5 x 76cm)

L'année 1929 a été l'année du  Jeudi Noir et de l'effondrement de l'économie américaine. Comme nous l'avons vu précédemment, elle a été aussi l'année de tous les dangers pour Rockwell. Son travail s'en est fortement ressenti, et cette couverture, "Stock Exchange Quote" vient à point pour s'en assurer.
Quatre personnages de tous les millieux sociaux sont en train de regarder les cours de la bourse... au cas où une embellie économique s'annoncerait. Les pauvres, s'ils savaient qu'il faudrait plus de vingt ans et une guerre mondiale pour relancer l'économie, ils ne passeraient pas leur temps à comparer jour après jour des fluctuations qui restent au plus bas!
Il y a là une vieille dame, un bourgeois, une jeune femme, et un épicier. Le chien s'intéresse aussi, il voudrait bien voir le cours de l'os à moelle remonter ! 
Regardez bien le personnage de l'épicier. Il est penché en avant, la main sur une de ses jambes. Il n'y a pas quelque chose de bizarre? En y regardant de plus près, on se rend compte que derrière cette jambe pliée, sur laquelle il prend appui, il y a une autre jambe, raide celle-ci  et encore une autre jambe, sa jambe gauche, en fait. Il a donc trois jambes, une gauche et deux droites ! Un extra terrestre ! Un monstre de foire !...
En fait, les déboires du couple Rockwell associés à la situation économique des Etats Unis ne doivent pas être étrangers à cette erreur de Rockwell. Il s'en rendit compte une fois le journal imprimé et diffusé. Trop tard pour rappeler les millions d'exemplaires déjà distribués.
Au début, il fut très embêté de la situation, mais ensuite, il prenait un certain amusement à montrer son erreur à ses amis qui ne l'avaient pas remarquée.
Et puis, il est à noter que même les plus grands ont fait parfois des erreurs. Je prendrai pour exemple l'immense artiste qui vient de nous quitter, j'ai nommé Jean Giraud, alias Gir ou Moebius, oui, lui, le créateur de Blueberry , d'Arzach et de l'Incal. Lui aussi, a fait une célèbre erreur de cadrage dans l'album "La Piste des Navajos", une des aventures de Blueberry.
Mais est-ce que cela enlève quelque chose à son talent? Certainement pas.
Et lui comme Rockwell seront des artistes éternels.

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nu #124 1930 03 22 Nothing up his Sleeves (81 x 63,5cm)

Dès son plus jeune âge, le mystère de la magie a toujours fasciné Norman Rockwell, de même que le cirque, les clowns, les diseuses de bonne aventure. Mais ce sont surtout les magiciens, qui, plus que tout, attiraient son attention.
Il nous a d'ailleurs gratifié de nombreuses couvertures et illustrations sur ces différents sujets tout au long de sa carrière.
Sur cette couverture l'oncle des enfants est venu leur rendre visite. Comme il fait quelques tours de passe-passe à ses heures perdues, il n'a pas trop de problèmes pour capter l'attention de son jeune auditoire ! Il met en pratique le vieil adage " La main (du magicien) est plus rapide que l'oeil (du spectateur)" pour faire disparaitre ou apparaitre à volonté les cartes cachées sur lui. Ajouté à celà un bagou de tous les diables, et les enfants n'y voient que du feu ! Tonton, sera leur héros du jour... à moins qu'une petite erreur de manipulation ne vienne faire capoter tous ses petits artifices ?!... Et puis, si le petit garçon est complètement hypnotisé par l'adresse de son oncle, on sent bien que la gamine, elle, a des doutes et va tout faire pour découvrir la supercherie !
C'est Harry Seal que l'on retrouve en magicien sur cette couverture. Et le voici sur une très célèbre illustration de Rockwell, "Checkers", tout de noir vêtu, en compagnie de James K. Van Brunt et son habit rouge de dompteur ( A moins qu'il ne soit que l'aide du dompteur ! )

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nu #125 1930 04 12 April Showers (101,5 x 76cm)

En 1930, non "content" de subir ses déboires conjugaux et le marasme économique américain, Rockwell était confronté à l'éditeur du magazine "Good Housekeeping" qui le tannait pour qu'il illustre "la Vie du Christ". Initialement en accord avec cette proposition , Rockwell était revenu sur sa décision, se mettant ainsi sur la même longueur d'onde que les éditeurs du Post, qui étaient contre ce projet.
Aussi, Rockwell, devant tous ces soucis accumulés, décida provisoirement de changer d'air, et il s'envola pour la Californie.
Ce voyage allait modifier considérablement son destin, mais ce qui est écrit doit être, et nous en reparlerons dans un prochain chapître.
D'où le parallèle avec sujet du jour, l'artiste qui fuit devant la giboulée !
Il nous prouve aussi, avec sa "peinture dans la peinture", qu'il pouvait être un très bon paysagiste et si cette "toile dans la toile" était mise en vente, les amateurs se bousculeraient!
Le sujet de l'artiste chassé par la pluie a été maintes fois illustré, mais cette gamine en jupe, qui n'a même pas eu le temps de ranger pinceaux et palettes a été visiblement surprise par la soudaineté et la violence de l'averse. Une seule solution pour éviter que son oeuvre ne soit ruinée par la pluie, prendre ses jambes à son cou ! Le regard est fixe, la foulée très longue, et nul doute qu'elle a déjà repèré un abri pour sauver ce qui peut l'être. Son bonnet s'est envolé, mais seule compte l'oeuvre presque achevée, il ne manquait que la signature !
La jeune fille s'appelle Elizabeth Kelly-Allison et Rockwell la fit apparaitre  sur de nombreuses couvertures comme "The Diary", "The Artist", "Spring", "Serenade", "The Critic", "Yarnspinner", pour le Saturday Evening Post ou encore "On the Top of the World" pour le Ladie's Home Journal.

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A PROPOS DE
sep1938

Le fameux voyage en Californie...
Après le clash avec l'éditeur du magazine "Good Housekeeping" (voir ci-dessus), ajouté à ses déboires sentimentaux, il fallait changer d'air pour Norman.
Un jour qu'il avait une visite de ses bons amis Clyde et Cotta Forsythe, ceux-ci lui dire : "Et pourquoi pas la Californie?" ( Clyde Forsythe était celui qui avait présenté Norman Rockwell au Saturday Evening Post, et c'est donc grâce à lui que la carrière de Rockwell avait pris son envol. Forsythe était un excellent paysagiste, mais il a peint aussi l'Ouest Américain, et les soldats de la Première Guerre Mondiale. Norman Rockwell fit son portrait en 1915.)
Rockwell fut d'accord sur la destination et sembla soulagé. Il prépara ses bagages et partirent en train.
Pendant tout le voyage, ses amis lui parlèrent d'une femme extraordinaire qu'ils voulaient à tout pris lui présenter. C'était une jeune institutrice, fille d'un de leurs vieux amis.
"Et elle est plutôt jolie", lui dirent-ils.
"Pas comme moi!" répondit Rockwell. Et il rajouta "Je vais juste là-bas pour bosser dans les studios. Je suis célibataire et j'entends le rester".
"Bien" dit Clyde. "Nous verrons bien. De toute façon, tu la rencontreras. Et tu aimeras cette rencontre "
"Okay répondit Rockwell, mais pas de relations compliquées pour moi".
Rockwell s'était bien accomodé de son nouveau célibatet s'en accomodait très bien.
Il était très exicité à l'idée de retourner en Californie où il était déjà allé une fois, déjà avec les Forsythe. Ils habitaient à côté d'Hollywood et il savait qu'il n'aurait aucun problème pour trouver des modèles. Hollywood regorgeait d'acteurs à qui on avait promis la Lune et la gloire, mais qui finalement, à défaut des feux de la rampe, gagnaient leur vie comme ils pouvaient. En posant, souvent.
Le troisième jour après son arrivée, son carnet plein de rendez-vous avec des acteurs et des modèles, il rencontra Miss Mary Barstow... et Gary Cooper quelques jours après !
Et ce voyage en Californie changea son destin !
 
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nu  #126  1930 05 24 Gary Cooper  (89 x 66cm)

Parmi les idées de couvertures qu'il avait pendant son voyage en Californie, une d'elles était de représenter un cow-boy avec chapeau, éperons et armes, mais un cow-boy de film, en train de se faire maquiller avant le tournage... Il demanda à Clyde si il connaissait quelqu'un qui pourrait faire l'affaire. Clyde l'emmena voir un de ses amis qui était directeur de publicité à la Paramount.
Après que Rockwell lui ait expliqué ce qu'il voulait, l'homme lui dit " Qu'est-ce que vous diriez de Gary Cooper? Il est entre deux tournages, actuellement."
"Rockwell sauta sur la proposition, sidéré !
"Je vous l'enverrai demain, " dit l'ami de Clyde.
Le lendemain, Gary Cooper franchit la porte du studio...
Il passa trois jours dans l'atelier improvisé et il était d'un très grand professionnalisme.
Rockwell disait qu'il se sentait vraiment un graingalet à côté de lui, mais qu'il était charmant. Beaucoup de monde gravitait autour de Cooper, et on savait pourquoi.
Rockwell peignit ce tableau avec une grande profusion de détails, il ne voulait rien manquer de la scène. L'immense chapeau, les éperons, le pistolet avec son holster, les bottes, le bandana,
la protection du pantalon, la chemise, le gilet brodé aux motifs indiens, tout y est tel qu'il l'avait souhaité. Et Gary Cooper est même assis sur une magnifique selle en cuir, à laquelle pend une sacoche. Il ne manque que le cheval !
Et puis, Cooper, impassible devant l'homme qui lui met du rouge à lèvres et le maquille. Il lui tient même son nécessaire à maquillage. 
Cooper était déjà une star.
Norman n'a jamais regretté d'avoir choisi Gary Cooper. Ils ont passé trois jours extraordinaires ensemble, et bien que ce soit la seule couverture du Post qu'il produisit avec Cooper, c'était une de ses préférées.
Plus tard, Rockwell retrouva Gary Cooper pour l'affiche du film "Along came Jones " ( Intitulé en France" Le grand Bill " !!!) avec  Loretta Young
Rockwell fit aussi le portrait de Gary Cooper pour le livret de présentation du film "The Adventures of Marco Polo"  réalisé par Archie Mayo. Des aventures plutôt risibles, d'après les critiques, qui fleure bon le carton pâte et le grotesque...  

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nu #127 1930 07 19 Gone Fishing (? x ?cm)

Les jours heureux reviennent. On sent que Rockwell est mieux depuis quelques temps. La prochaine couverture de Rockwell nous en apprendra plus...
En attendant, cette couverture de Juillet fleure bon les vacances, la sieste, et les beaux jours. Regardez la différence d'avec celle de l'année précédente "Fishing" où l'excitation était maximum !
Papy est bien organisé. Pas moins de neuf lignes en même temps ! Et Papy est malin ! Un petit grelot le prévient dès qu'un poisson mord ! Ainsi la moindre seconde de sieste est mise à profit. Le casse croûte est prêt devant lui, une pomme, un sandwich, et la topette de vin trempe, bien au frais dans l'eau.... Papy a tout prévu ! Les mouches et moustiques n'ont qu'à bien se tenir, Papy a la tapette à la main. Même le chien semble assommé par la torpeur de l'air ambiant. Heureusement, Papy est doublement prévoyant, son parasol le protège, en plus de son chapeau !
Rockwell ne néglige aucun détail. Même le couteau de Papy est planté sur le bord du canot, prêt à servir. Regardez le canot, on voit bien que cela fait des années que Papy s'en sert. Rockwell a l'art de nous montrer l'âge des choses avec ses jeux d'ombre et de lumière.
Et dans le fameux cercle de cadrage, le parasol vient s'inscrire en léger décalé, ce qui renforce encore  l'impression de calme et de sérénité.
Mais chut, ne parlons plus, laissons Papy profiter de sa sieste...

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nu #128 1930 08 23 Breakfast (? x ?cm)

Dans " MY ADVENTURES AS AN ILLUSTRATOR " par THOMAS ROCKWELL, Rockwell raconte sa première rencontre avec Mary.
"Je l'ai rencontré à un diner chez les Forsythe, le deuxième ou troisième jour après notre arrivée en Californie. Elle s'appelait Mary Barstow. Elle portait ce jour là une robe orange vif et elle me parut extrêment agréable, intelligente et charmante. Bon, je pensais que si je lui demandait de la revoir, ça ne la vexerait pas.Mais quand je l'ai rappelée le lendemain elle me dit que ce n'était pas possible, qu'elle avait d'autres engagements.
C'est comme ça, pensai-je, je ne l'interesse pas. Et pourquoi une jeune fille chic et jolie comme un coeur s'interesserait-elle à un homme , plus près de la tombe que de la naissance,  de surcroit divorcé,  et de 14 ans son ainé ?
Aussi, je reposai le téléphone, je sortis son image de mon esprit, et je me remis au travail. J'avais un Cowboy à peindre, et ces journées avec Gary Cooper."
"Quelques jours après, Clyde vint me voir et me dit  :
-- Pourquoi tu ne sortirais pas avec Mary, un de ces soirs ? Je pensais que tu le ferais !
" Non, elle ne veut pas, elle a est déjà engagée "
-- Tu parles, dit Clyde, elle devait juste aller à une réunion Parents-Profs dans le cadre de son travail ! Et elle a dit à sa mère qu'elle t'aimait !
C'est bizarre, mais c'est ainsi, Rockwell fit de l'excellent travail, ce jour là !
Le soir même, il l'emmena diner, et 2 semaines après, il lui proposa de l'épouser, ce qu'elle accepta !
Le 21 Mars 1930, ils annoncèrent à la presse leur engagement et le mariage se déroula le 30 Avril 1930.

Cette couverture, "Breakfast" du 1930 08 30 est le premier portrait qu'il publia de Mary, et à voir son air plutôt malheureux sur cette couverture, certains lecteurs lui envoyèrent un courrier pour la plaindre d'avoir un mari qui lui préférait son journal et la délaissait, alors qu'elle vivait le plus parfait amour avec Norman !

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129eme couverture #129 1930 09 13  Home from Vacation (101,5 x 81cm)

Les vacances sont finies et le retour à la réalité s'annonce difficile...les posters sont pleins de beaux beaux paysages et de destinations de rêve, mais leur autre face est blanche, masquant ainsi les retours difficiles, la circulation éprouvante, la fatigue, l'attente dans les gares, le mauvais confort des sièges, la difficulté à trouver une position pour dormir, les bagages égarés, l'intimité à la vue de tous.
Cette famille a l'air d'avoir perdu autant d'enthousiasme qu'il y avait d'air dans le ballon du gamin ! Demain sera un autre jour, et, après les affres du retour et un peu de repos, ils seront très heureux de raconter leurs vacances, et de penser déjà à leur prochaine destination !
On voit bien que Rockwell va beaucoup mieux. Encore une fois il nous livre une profusion de détails, comme les posters, qui se superposent d'une saison sur l'autre, le lacet défait du gosse, la grenouille qui veut profiter de ce moment où tout le monde dort, pour tenter de s'extirper de la boite du gamin, l'appareil photo, posé par terre ( il y avait sûrement moins de vols à l'époque ), le ballon dégonflé, les fleurs, ramassées à la dernière minute comme ultime souvenir - mais qui commencent à défraichir -,  les papiers qui dépassent du chapeau, - sans doute les billets du train -, mis là pour être à portée de main, le seau avec sa pelle, objet de tous les jeux sur la plage, et la valise, remplie à la "va-vite", et fermée à la "comme on peut" !
La fatigue des personnages semble extrême, et on entendrait presque leur profonde respiration. Mais le père est là, ne dormant que d'un oeil,  son bras protecteur passé derrière son enfant. Et sa femme peut se reposer sur son épaule, elle est sûre qu'il ne bougera pas, de peur de la réveiller.
C'est Fred Hildebrandt qui posa pour le rôle du père. Il était tellement convainquant sur cette couverture, qu'il reçu une proposition de mariage d'une femme qui vivait en Australie ! Mais Fred refusa l'offre, et ne se maria jamais !
Celle qui pose en sa compagnie s'appelle Muriel Bliss Hailwood.
On les retrouvera tous les deux sur la couverture de "The Milkmaid" du 1931 07 25.

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130eme couverture #130 1930 11 08 Yarnspinner (89 x 71cm)

A cette époque, le Post tirait à 2.800.000 exemplaires hebdomadaire, ce qui représentait trois ou quatre fois plus de lecteurs potententiels chaque semaine ! Rockwell était conscient qu'il ne pouvait plaire à tout le monde, et c'est pourquoi il alternait les scènes contemporaines avec les scènes d'autres époques, mais par dessus tout, il savait que le thème préféré des lecteurs était l'amour et que ces couvertures-là faisaient l'unanimité.
Qui pourrait refuser les avances de ce beau marin qui raconte ses voyages avec tant de détails qu le regard de la jeune fille semble voguer sur des mers lointaines et se poser sur
des terres inaccessibles?!
Regardez la richesse du décor, les détails des bateaux. On entend presque les cris des mouettes.
Le perroquet quant à lui, semble penser que le marin en raconte sans doute un peu plus qu'il n'en a fait, mais qui pourrait ne pas être transporté dans des rêves d'iles au trésor, de tempêtes, de récifs, de monstres marins vaincus, de pirates sanguinaires peut-être ?
La robe de la jouvencelle est superbe, et Rockwell n'a pas lésiné sur les costumes. Le marin, avec boucle d'oreille, sa pipe et son perroquet fait déjà loup de mer, et son baluchon est prêt pour un nouveau départ.
Ce nouveau départ, Rockwell l'a bien négocié. Mary est sa femme maintenant, le talent et l'inspiration sont de nouveau là, un souffle nouveau porte l'artiste, tout comme le vent qui gonfle les voiles de ce clipper qui quitte le port...
La jeune fille s'appelle Elizabeth Kelly-Allison et Rockwell la fit apparaitre  sur de nombreuses couvertures comme "The Diary", "The Artist", "Spring", "Serenade", "The Critic", "April Showers", pour le Saturday Evening Post ou encore "On the Top of the World" pour le Ladie's Home Journal.

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nu #131 1930 12 06 Christmas (122 x 76cm)

Un jour, Rockwell confessa à Mary que l'un de ses souvenirs préférés était que son père lui lisait des histoires de Charles Dickens pendant qu'il dessinait. Mary, qui s'intéressait de très près au travail de Norman, commença à lui lire des histoires à haute voix pendant qu'il peignait.
Ceci fut très bénéfique à son travail. Non seulement, il aimait ces histoires qu'elle lui racontait, mais en plus, son imagination trouva d'autres sources d'inspiration et de nouveaux thèmes vinrent côtoyer des vieux sujets maintes fois réprésentés.
Noël 1930 était le premier Noël de sa nouvelle vie, et il décida de sortir des sentiers battus pour cette couverture.
Et pourquoi pas un Noël médiéval ?!
Et ça sent bon le porcelet rôti derrière la vitre ! Et ça festoye ! Et ça ripaille ! Les traine-besaces, les coupe-jarrets et les marauds s'en mettent une ventrée ! Les musiciens exécutent tarentelles et saltarellos, et les danseurs s'en donnent à coeur joie !
Seul le pauvre garde se gèle dehors et regarde avec envie tous ces manants qui s'amusent. Mais son tour viendra, et quand la relève sera là, c'est lui qui ira boire une pinte de vin  et pincer les fesses de Rosine pour finir la plus belle nuit de l'année...
Avec cette couverture, "Christmas", Rockwell nous montre que finalement, quelque soit l'époque, il y a toujours des gens qui s'amusent, mais aussi des "laissés pour compte".
En 1950, il reprendra la méthode "voyeur" pour nous montrer les musiciens qui répètent dans la boutique du coiffeur. La scène est prise de l'extérieur, à travers la vitre de la boutique. Cette couverture c'est "Shuffelton's Barbershop" et c'est une merveille, une des plus belles de Norman Rockwell.

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