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                     1925 : 9 Couvertures     Index
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 74 #74  1925 01 31 Crossword Puzzle  (75,5 x 58cm)    

Dans cette couverture, "Crossword Puzzle", on note la présence de J.L Malone, le monsieur à la barbichette.  Il avait déjà posé pour le n° de 1924 05 03 du Post, "The Model", où une petite fille n'arrivait pas à se décider sur le choix d'un chapeau.
Norman Rockwell aimait beaucoup ce personnage, il avait une voix très calme et lisait à voix haute des oeuvres de Dickens et Tolstoï quand il posait. Cela lui arriva une fois de lire pendant huit heures d'affilée ( et de poser aussi longtemps ! )
Les mots croisés étaient clairement des jeux intellectuels, et le Post, qui se voulait populaire, n'en proposait pas dans ses pages. Pourtant, Rockwell traite le sujet sans aucune difficulté : le vieux poële, , lachaise retapée avec un bout de planche, le panier vide, et le chien ( ah ! Les chiens chez Rockwell ) calmement endormi sous le maître, font que ce décor convient finalement à tous. Ainsi, l'objectif de toucher un lectorat familial était assuré. CQFD !!!
C'est aussi la première collaboration pour une couverture du Post de James K. Van Brunt, qui devint un des modèles les plus utilisés de Norman Rockwell
Rockwell dit que la première fois qu'il vit James K. Van Brunt, ce fut un des jours les plus chanceux de sa vie. Van Brunt frappa à son bureau et se présenta ainsi: " James K. Van Brunt, Monsieur, cinq pieds deux pouces de haut, comme Napoleon Bonaparte. " Il dit avoir participé aux batailles de Fredericksburg et d'Antietam, avoir combattu les Indiens Sitting Bull et Crazy Horse, et s'être battu contre les Espagnols à Cuba " Ma moustache mesure huit pouces d'un bout à l'autre" dit-il " et en plus elle plait aux femmes ".
Quelle "gueule" pensait Rockwell en le regardant. Van Brunt avait un nez torturé, épais, avec l'extrémité applatie, et un "clou" au milieu; avec ce nez,  des poches sous les yeux, mais un regard fier qui jetait des étincelles; et cette moustache ! Et tout ça sur une petite tête: ainsi si vous lui jetiez juste un regard tout ce qu'on pouvait voir, c'était ça, les yeux, le nez et la moustache. En plus de Crossword Puzzle  Van Brunt posa pour ces autres couvertures et il convient de rajouter la seule qui me manque encore, c'est à dire "Hobo" du 1924 10 18.
Sa dernière apparition sous le pinceau de Norman Rockwell sera pour la couverture du 1939 03 18 "The Druggist"
Rockwell l'employait si souvent que les lecteurs commencèrent à se plaindre de ses trop nombreuses apparitions. Lorimer lui-même ne voulait plus de Van Brunt. Alors Rockwell proposa à Van Brunt de couper sa moustache. Celui-ci mis 15 jours à accepter... mais contre dix dollars que Rockwell paya de sa poche !
On retrouvera également Van Brunt dans des pubs comme-celle ci pour Tillyer Lenses ou cette autre pour l'Encyclopaedia Britannica.
C'est lui qui aura les honneurs de la 1ère couverture en quatre couleurs du Post  ("Sign Painter" du 1926 02 06 ) mais sans sa célèbre moustache. Rockwell était quand même un peu déçu du résultat, car sous la moustache, la lèvre inférieure remontait nettement devant la lèvre supérieure, et cela faisait une drôle de bouche à Van Brunt. Mais bon, Van Brunt s'accomoda de sa nouvelle tête, et ainsi, Rockwell put continuer à l'employer comme modèle.
Et, sans sa moustache, Van Brunt posa aussi pour la couverture de... "Gossips" du 1929 01 12 où il servit de modèle pour les trois commères ! Eh oui, c'est bien lui !
Rockwell avoua qu'il se régalait à le voir poser dans le vieux costume d'époque, tirant sur sa longue robe et faisant la revérence, un vieux chapeau clinquant incliné sur un oeil et sa pipe lançant des ronds de fumée depuis son "perchoir" derrière sa moustache!!  !

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nu #75 1925 04 18 Self Portrait  (84 x 68,5cm)

 A propos des costumes qu'il peignait pour les couvertures de magazines, Rockwell disait :
"Vous ne pouvez pas rendre les vêtements plus agés qu'ils ne sont. S'ils n'ont pas été usés d'avoir été portés, d'avoir subi la saleté, la sueur, les rayons du soleil, ils ne paraitront pas naturels si vous les représentez."
Quand son studio brûla en 1943 et qu'il perdit tous ses costumes dans l'incendie, des centaines de lecteurs du Post qui avaient lu le reportage qu'en avait fait Rockwell dans le magazine, lui envoyèrent spontanément des dizaines de costumes de toute taille et de toute époque.Les paquets arrivaient de tout le pays, et bientôt Rockwell pensa qu'il avait assez de vêtements pour habiller toute sa ville d'Arlington !
Regardez ce vieux manteau que porte cet apprenti photographe. En fait, c'est certainement une armée de propriétaires différents qui l'ont porté avant lui ! Rapiécé, usé, élimé, sale ! Mais c'est cette authenticité-là  dont aimait à se servir le peintre. Regardez l'expression du jeune homme, le regard sérieux, mais les yeux un peu plissés, comme si il allait se passer quelque chose d'imprévu ! Il faut dire que l'échaffaudage qu'il a construit pour son auto-portrait tient plus d'un défi aux lois de la physique que d'un assemblage mûrement calculé !
Même le chien semble se mettre à l'abri !
Une chaise, une caisse, un livre, un appareil photo... Simple le décor, non?! Mais pourtant, il est amplement suffisant. Encore une fois, une efficacité maximum !
On retrouve une fois de plus Franklin H Lischke et voici d'autres couvertures du Post où il posa pour Norman Rockwell : "No Swimming", "Sneezing Spy, "Boy Gazing at Window", "The Rivals", "The Accordionist", "The Buggy Ride", "The defeated Suitor", "Spring".

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nu #76  1925 05 16 Spring Song (79 x 61cm)

Aujourd'hui, si le mobilier est minimaliste - un bureau, une chaise - Rockwell s'est attaché aux détails!
Déjà, quand je dis mobilier minimaliste, c'est pour le nombre d'éléments, que je parle,  seulement deux. Mais regardez le fauteuil, avec son système à vis, son système pour modifier l'inclinaison du dossier, sa solidité affichée et son petit coussin !
Et puis le bureau ! D'abord pour soutenir l'ensemble, il a des pieds en bois tourné. Et puis, des tiroirs, des étagères, des rayons ! L'encrier et son porte plume, les cartouches dans une des cases, des livres et des feuilles de papier . Le petit tiroir entrouvert qui permet de caller la partition !
Et ce n'est pas tout ! Accrochés sur un côté du meuble, une sorte de besace  en osier, et des feuilles épinglées, et sur l'autre côté du bureau, le pardessus du personnage. Quant au dessus du bureau ! Houla ! On trouve une tasse qui sert de vase, avec sa fleur moribonde qui se dessèche, une lampe à pétrole, un livre avec ses marque-pages, une sorte de tabatière, un canard en bois ou en métal, un chapeau, quelque chose qui ressemble à un jeu de cartes dans sa boite, des feuilles de papier, un genre de diplôme où l'on peut lire les lettres "nive" qui font penser à "anniversary", des vieux journaux ou des articles. La clef sous la table nous montre que le plateau se replie... Rockwell a pensé à tout !
Et ce n'est pas tout ! Un calendrier est accroché au mur, recouvrant certainement ce qui est le calendrier de l'année précédente ( C'est que les calendriers sont souvent mis à la même place, vous savez... les habitudes ! )
Et maintenant, le vieux monsieur qui s'applique dans son interprétation. On comprend qu'il ne joue pas qu'à l'oreille, mais qu'il sait lire la musique!
Ses cheveux blancs, avec le dessus en "pétard" ! ( ça, c'est quand il a enlevé son chapeau ), ses lunettes, posées au bout de son nez, sa flûte - ouvragée - (il y a des incrustations au bout de l'instrument ), son noeud papillon - ou sa cravate - légèrement détaché ( certainement parcequ'il veut être à l'aise pour jouer ), son p'tit gilet déboutonné un peu froissé - normal, il était sous le manteau - où pas un bouton ne manque, et sa montre qui sort de la poche, sa blague à tabac dans sa poche arrière, ses chaussures un peu défraîchies.
Et il y a encore des vieux mocassins avachis sous le bureau et le parapluie que le musicien a du prendre car le temps était certainement menaçant. Les giboulées de Mars, sans doute!
Et c'est bien pour cela qu'il joue le morceau "Spring Song" ( Chanson Printanière )...
Alors ?! Rockwell... un minimaliste ??!!! Mais qui a bien pu vous dire cela ?

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nu #77 1925 06 27 Begging (63,5 x 61cm)

Cette couverture tranche avec celles habituellement réalisées par Norman Rockwell.
Il n'aimait pas l'idée d'être assis à ne rien faire, et c'est vrai que dans cette couverture, il ne se passe pas grand chose. Le chien attend plein d'espoir que sa maitresse, e, tre deux pages, lui donne un petit morceau de gateau ou de chocolat. Il ne mendie pas, à proprement parler, comme le titre de la couverture "Begging " pourrait le laisser entendre (to beg = mendier ) mais il montre qu'il est là à la noncahlante qui n'en finit pas avec sa page interminable. Le fauteuil est magnifiquement réalisé, et la robe de la lectrice est superbe.
Sans doute Rockwell a-t-il succombé à la mode de l'époque qui voulait que les couvertures du Post soient axées sur des jolies femmes?

Clarence Coles Phillips avait fait sa spécialité des jolies filles en couverture. Dans le livre " MY ADVENTURES AS AN ILLUSTRATOR "**, Rockwell dit de lui :
"Les amoureux de l'art moderne n'étaient pas les seuls qui ne comprenaient pas pourquoi je peignais ce qui semblait semblait être d'un autre âge.Coles Phillips, le celebre peintre de jolies filles avec qui j'avais fait connaissance dans un banquet à New Rochelle ne le comprenait pas plus.. Mais ses critiques ne m'en ont pas fait perdre le sommeil ! Il n'aimait pas Howard Pyle. Ni Rembrandt. Ni Degas. Ni Leonard de Vinci. Ni Constable. Ni Sargent. Ni Rousseau ! En fait, il n'aimait personne et ne comprenait pas qu'un artiste veuille peindre autre chose que des jolies filles !
"Tous les vieux hommes et les jeunes garçons ne font référence qu'à mes jeunes filles, disait-il. Est-ce que vous avez des "tripes" ?! N'avez vous jamais eu du sexe ?! Les vieux et les jeunes, nom de Dieu ! "
C'était un artiste Américain, né en Octobre 1880 à Springfield, dans l’Ohio.
Il fit ses études au Kenyon College et commença à dessiner pour la revue annuelle du collège. Ses dessins apparurent ensuite de 1901 à 1904 dans "The Reveille" et dans les bulletins annuels de la US Naval Academy, "Lucky Bag".
Après avoir quitter le "Kenyon College", il partit pour New York, bien décidé à vivre de son art.
Quelques saisons d’apprentissage plus tard, il fonde sa propre agence de publicité.
En 1907 , il rencontre J.A Mitchell, éditeur de Life Magazine et est recruté comme illustrateur. Son nom sera associé à Life jusqu’à la fin de sa vie. A partir de 1911, il ne signa plus ses œuvres que du nom de « Coles Phillips ».
Il devint très populaire auprès des lecteurs et fit de nombreuses couvertures pour Life. En 1908, il créa ce qui allait devenir sa marque de fabrique : en combinant premier plan et arrière plan de la même couleur, il invente la « fadeaway girl » où le personnage se fond littéralement dans l’environnement. Ce style perdurera durant des décennies, et nombreux sont ceux qui copièrent Coles Phillips. L'illustrateur du Post Penrhyn Stanlaws qui fut aussi réalisateur à Hollywood en est un parfait exemple... comparez !
Dans les années 20, Coles Phillips gagnait 2000$ par illustration, ce qui était fabuleux !
Il vivait et travaillait à New Rochelle, ville dont je vous ai déjà parlé, et résidence de nombreux artistes et illustrateurs. Ses voisins et amis avaient pour nom Joe Leyendecker et Norman Rockwell. Rockwell fit d'ailleurs un portrait de Coles Phillips.
Il souffrait de tuberculose, et sa vision déclinait. Il mourut à l’âge de 47 ans d’une insuffisance rénale.
Le jour de sa mort, le 14 juin 1927, son ami et voisin, Joe Leyendecker, emmena les quatre enfants de Coles dans Manhattan pour assister à la parade de Charles Lindbergh sur la 5ème avenue et sur Broadway.

Rockwell, lui, ne croyait pas trop aux jolies filles sur les couvertures. Sa conviction lui faisait préférer les scènes de la vie quotidienne des Américains.
Et le Post trouvait que les ventes du magazines se portaient beaucoup mieux quand le magazine affichait une scène où les américains se reconnaissaient plutôt que le portrait d'une jolie fille inaccessible !

THOMAS ROCKWELL ( © CURTIS PUBLISHING COMPANY 1960 )**

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nu #78 1925 07 11 Cigar Butt (? x ?cm)
Encore une couverture où le personnage principal est assis ! Et avec les deux qui viennent, cela fera sept couvertures de suite où les acteurs se la jouent "peinard" !
Celui-là se donne des grands airs avec son haut de forme et son grand manteau ! Il se donne surtout du mal pour récupérer ce mégot de cigare qu'un quidam a jeté par terre sans mêmle le finir ! Sa grande canne lui est d'un précieux secours, car si on a la possibilité de le récupérer sans remuer ses fesses, c'est aussi bien, non?
Et puis, il lui faudrait se lever, plier son journal et se baisser ! Son grand manteau est plus que défraîchi, son chapeau n'en a sûrement plus pour longtemps, son pantalon a une pièce sur la cuisse gauche, le dessous de ses chaussures laisse à penser qu'il ne vaut mieux pas marcher dans les flaques, les guêtres, trop petites ne ferment pas entièrement, et vu les déchirures sur le haut du journal, celui-ci a dèjà du être lu. Si cela se trouve ce n'est même pas celui du jour ! Une rose à la pochette, mais celle-ci pique du nez. La montre est en évidence, mais marche-t-elle, on peut en douter, sûrement là pour faire sérieux... Même le fauteuil n'est pas de première jeunesse, et un clou manque déjà àl'appel.
1925, la Grande Dépression pointe déjà le bout de son nez...
 Finalement, ce bout de cigare sera le bienvenu !

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79eme couverture #79 1925 08 29 Asleep on the Job (74 x 59,5cm)
Et encore un qui se la coule douce ! En plus il pique son petit roupillon sur la malle marquée "Urgent".
En fait, cette cette scène anecdotique a toujours été très utilisée par les illustrateurs. Il suffisait que l'on voit la commande de l'épicier, ou une malle marquée "Urgent" ou un paquet à livrer pour qu'aussitôt quelqu'un s'allonge ou s'endorme dessus. Et c'était la même chose dans beaucoup de films muets ( Charlot, Roscoe Arbukle ( Fatty ), et plus tard, Laurel et Hardy ). Ces accessoires étaient une invitation à la sieste !
Il faut dire aussi qu'il doit faire chaud. Le thermomètre indique 97°F, soit plus de 37 °C !Une torpeur semble s'être emparée du garçon. Sa tapette à mouche est prête à sévir, mais la main est molle. La casquette tient encore par miracle, mais on sent bien que dès que la tête va tomber un peu, ce sera trop tard pour l'équilibre du couvre chef !
Le coq aussi est en veille, assommé par la chaleur. Derrière le livreur, les consignes d'incendie battent de l'aile.
C'est toujours tous ces petits détails qui font une grande couverture d'une scène somme toute banale. Rockwell était passé maitre dans l'art de raconter une foule de choses en une seule image...

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    nu  #80 1925 09 19 The Buggy Ride (? x ?cm)

Voilà la septième couverture de suite où les personnages sont assis !
Oui, mais c'est un petit couple d'amoureux comme Rockwell aime à les représenter. Le ciel étoilé en arrière plan, la jeune fille serrée contre le jeune homme. Son regard est un peu dans le vague, à quoi peut-elle bien penser? Le jeune homme, lui, semble assoupi. Et regardez encore une fois tous ces détails. L'habillement de la belle, déjà, avec sa jolie robe à petits carreaux, ses gants et son chapeau à fleurs. Son petit boa en plumes doit être bien douillet !
Le garçon, lui a ses beaux habits, costume, petit gilet, chapeau bien posé sur la tête, cheveux collants à souhait, ( merci la brillantine! ), épingle de cravate, col amidonné, la montre accrochée au revers du col. Les deux lampes sont allumées, il fait nuit noire. Regardez la précision des compas de capote, à la toile bien tendue. Et jusqu'à la mouche du fouet, qui est un peu déguenillée, mais c'est parce que le cheval ne doit pas toujours obéir du premier coup, alors, il faut "l'encourager" !
Rockwell a  fait rentrer une carriole similaire dans son studio, car il voulait exactement les bons effets, les bonnes ombres, les bonnes attitudes pour les personnages. D'ailleurs, le livre "NORMAN ROCKWELL ILLUSTRATOR "** nous montre quelques clichés de la séance de pose.
Le jeune homme est un habitué des couvertures de Rockwell puisqu'il s'agit de Franklin H Lischke et voici d'autres couvertures du Post où il posa pour le peintre : "No Swimming", "Sneezing Spy, "Boy Gazing at Window", "The Rivals", "The Accordionist", "Self Portrait ", "The defeated Suitor", "Spring".
Rockwell cherchait cette relation entre la pose et le résultat final, et même, il donnait ses conseils pour que l'expression et le regard des jeunes gens soient tels qu'il les avait imaginés.
C'est vraiment l'interprétation de son imagination, ou comment une couverture peut paraitre presque plus réelle que son modèle.
**  ARTHUR L. GUPTILL ( © Watson Guptill Publication 1946)

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nu #81 1925 11 21 Tackled (75 x 65cm)

A moins de faire passer "Gramp at the Plate" pour un match de la MLB, "Leap Frog" pour un 110 mètres haies, "Stolen Clothes" pour un marathon, "Important Business" pour le tournoi de l'USPGA, "Skaters" pour de la danse sur glace, "The open Road" pour les 24 Heures du Mans, "No Swimming" pour la finale du 100 mètres Olympique, "Be a Man" pour de l'haltérophilie, "Vacation" pour de la gymnastique au sol et "Speed" pour les 500 miles d'Indianapolis, cette couverture du Post, "Tackled" du 1925 11 25 est la première vraiment sportive de Norman Rockwell et nous montre une phase de Football Americain.
Rockwell n'était pas très sportif, pas du tout, même. Rappelez-vous ce qu'il disait à propos de la couverture " Be a Man" ( voir Rockwell 1922 ). Il avait quand même plus d'attirance pour le base ball que pour le football et fera d'ailleurs de belles couvertures plus tard.
Pour cette couverture, le plus dur était de saisir et de transcrire le moment de l'impact. Travaillant sans photo à l'époque, il a utilisé toute son ingéniosité pour que les tenues des joueurs soient frippées à souhait. On vit ce choc comme dans un ralenti !
L'impact est visible sur le visage du défenseur qui en perd presque son casque. L'autre casque se soulève sous l'effet du recul, les genoux s'entrechoquent, le ballon vole,  l'attaquant a déjà les mains derrière lui pour se réceptionner : il a compris que l'arrivée au sol risquait d'être brutale ! Et ce n'est pas le pantalon moletonné qui va permettre d'amortir beaucoup le choc...
Rockwell n'a pas besoin des petits traits de mouvements que mettent habituellement les dessinateurs de cartoons pour exprimer déplacement, vitesse ou rapidité. Il se sert uniquement de la sangle détachée du casque pour nous donner toutes les indications sur le sens du choc et la force de l'impact.
Pas besoin de subterfuge, et c'est en cela qu'il est très fort.

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nu #82  1925 12 05 Merrie Christmas (? x ?cm)

On a déjà vu ce jeune garçon pour la couverture de Noël 1923. C'était un des trois musiciens de "Christmas Carol" , le jeune chanteur qui n'avait pas l'oreille musicale, Bill Sundermeyer. Dailleurs, si vous regardez bien, il est habillé de la même façon. On reparlera du cocher pour la couverture de Noël 1929....
Rockwell aimait beaucoup représenter Noël à la façon et avec des personnages de Charles Dickens, dont on vient de fêter le bicentenaire de la naissance. Cette période victorienne avait un goût particulier pour Rockwell, qui lui rappelait les contes que lui lisait son père quand il était enfant.
Ici, on sent le vent sur les visages, on entend claquer le fouet, on ressent les soubressauts des roues sur les ruelles mal pavées, le froid est vif sur les deux comparses, le jeune garçon met ses pieds à l'abri derrière le grand sac : il faut dire que son pantalon lui remonte presque jusqu'aux genoux ! Il tient une boite comme un précieux trésor. Peut-être un cadeau pour ses proches ? La diligence dessert Londres et les lumières laissent à penser que la fin du voyage est proche.
On s'attend d'un moment à l'autre à croiser David Copperfield, Mr Pickwick et Little Paul Dombey...
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