ANTON OTTO FISCHER
Peintre de la Marine (1882-1962)
    3ème Partie
"THE CRUISE OF THE CAMPBELL"

 
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Par cette troisième page consacrée à  Anton Otto Fischer je voudrais vous faire partager un article paru dans le magazine LIFE du 1943 07 05 consacré au récit de l'escorte d'un convoi de ravitaillement qu'il a accompagné sur le "George W. Campbell" pendant la 2ème Guerre Mondiale.
Officier de réserve, il avait, à sa demande, repris du service au sein des Coast Guards et participait ainsi aux missions d'accompagnement des ravitailleurs, ce qui consistait surtout en protection contre les U-Boats allemands.
Cette page ne relate que cet épisode. Toutes les peintures et les photos publiées dans cet article de Life sont celles que vous verrez sur cette page. J'ai respecté l'ordre du récit, et l'ordre des photos.
J'espère que, comme moi, vous serez subjugués par cette aventure et les illustrations dramatiques qu'en a dessinées Anton Otto Fischer.
Les annotations en italique sont la traduction de celles qui accompagnent les illustrations de l'article original.

Anton Otto Fischer a peu ou pas de rapport avec Norman Rockwell. Leur seul point commun est qu'ils ont travaillé ensemble pour les mêmes journaux,- Saturday Evening Post, Country Gentlemen, American Boy, Life Magazine, The Popular Magazine - et à la même époque. Peut-être se sont-ils rencontrés, peut-être ont ils parlé ensemble, peut-être ont-ils chacun de son côté apprécié le travail de l'autre, peut-être se sont-ils demandés quelle technique employait l'autre ?
Je n'en sais rien, je n'ai pas d'informations sur une éventuelle rencontre entre les deux artistes.

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THE CRUISE OF THE CAMPBELL
La mission du «George W. Campbell» en combat dans l’Atlantique.
Peu de vaisseaux ont eu autant de missions depuis que la guerre a débuté, que les cutters (vedettes) de 327 pieds des Garde-Côtes. Dans les eaux de l’Atlantique-Nord, balayées par les tempêtes, ils ont accompagné les convois de marchandises d’est en ouest, luttant contre les attaques des sous-marins allemands.
Des sept navires d’origine, l’un d’eux, le « Hamilton » fut torpillé et coulé en Février 1942, pendant une mission de convoyage. Depuis cette date, les autres Cutters, ses sister-ships, l’ont largement vengé.
 
Sur l’un de ces navires, le Cutter "George W. Campbell", un des artistes qui illustrent régulièrement les pages de LIFE, le lieutenant-commandant Anton Otto Fischer navigua récemment pour une campagne durant l'hiver 1943.
Les pages qui suivent retracent cette croisière entre la routine d’un convoyage et le combat désespéré contre un sous-marin, jusqu’à son remorquage, hors de combat, dans un port allié.
00 Le pavillon du "Campbell", déchiré par les coups de vent de l’Atlantique, flotte à son mat. Il en utilisera trois durant son périple
Les Mers Nordiques sont cruelles pour les marins et leurs bateaux.
Une des choses auxquelles les marins peuvent s’attendre quand ils voguent dans l’Atlantique Nord est le mauvais temps, surtout en hiver. Les tempêtes soufflent leur vent glacial depuis le Détroit de Davis, le Groenland ou l’Islande et tous les caps du Nord. Les ouragans font rage sur les routes des convois, éparpillant les navires marchands, et transformant les mers en une gigantesque furie contre laquelle hommes et bateaux doivent se battre pour rester en vie.
A la plus mauvaise saison de l’année, quand le sale temps est considéré comme normal, la météo du voyage du "Campbell" fut annotée comme « temps particulièrement mauvais ». Jour après jour, des vents qui atteignaient les 100 nœuds hurlaient sur les ponts, créant de gigantesques vagues qui ballotaient et pilonnaient le navire, et qui rendaient le moindre déplacement sur le bateau comme la plus périlleuse des aventures. Le matin, le vaisseau était couvert de glace qu’il fallait à tout prix enlever pour alléger le bateau afin qu’il puisse continuer sa route.
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01 Deux marins prêts à envoyer des charges de profondeur luttent contre la neige qui tombe sur la poupe
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02 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
02 Le marin fait éclater la glace après que la tempête ait déposé celle-ci durant la nuit. La jupe de tissu au bout du canon est là pour empêcher la glace de se mettre dans le fût du canon.
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03 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
03 Un tuyau est utilisé par les marins pour souffler de la vapeur sur les charges sous-marines. Il serait trop dangereux d’essayer de les dégivrer à coups de marteau
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04 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
04 Le "Campbell" prend le large pour rattraper son convoi. Les navires de marchandises sont partis plusieurs jours avant et sont gardés par une escorte dont le Cutter fait partie. Bien qu’il ne soit qu’au début de son voyage, le "Campbell" affronte déjà une mer formée. L’écume balaye le pont et le château avant,  et le vent de l’Atlantique Nord hurle à travers gréement et pavillons. Dans les airs, en escorte supplémentaire vole un bombardier "Vega Ventura" camouflé, en quête de sous-marin.
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05 THECRUISE OF THE CAMPBELL
05 Dans l’après-midi, le "Campbell" et son escorte rattrapent le convoi et prennent leur place dans le système de protection. Pour LIFE , Anton Otto Fischer, debout sur le pont, raconte : « Le convoi semble béni par la lumière qui tombe en nappes à travers le temps couvert et pose sur les cargos sales des rubans d’or ». Ces bateaux viennent de ports différents et ont des cargaisons variées. Dans les tankers, ce sont des millions de gallons d’essence pour les bombardiers opérant depuis l’Angleterre. Les cargos emportent dans leurs soutes des avions démontés, des tanks et des barges de transport. Sous les ponts sont les réserves de nourriture et de munitions. Garder le convoi et ses marchandises  en sécurité hors des attaques des sous-marins est la responsabilité de l’escorte. Le "Campbell" et les autres navires d’escorte sont maintenant en phase de surveillance constante des éventuels sous-marins. Pendant de longs jours, ils vont zigzaguer à la surface, leur équipage cherchant des indices ou des sons, prêts à combattre avec leurs charges de profondeur, ou au canon, en surface.
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06 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
06 Ce navire pris par les glaces passe des papiers au "Campbell".Ces papiers, enfermés dans un tube étanche glissant le long d’une corde entre les deux navires,  contiennent tous les renseignements sur le convoi. Les noms des bateaux, leurs cargaisons et leur destination. Ils précisent aussi le rôle de chaque navire en cas d’attaque de sous-marin.
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07 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
07 La surveillance du convoi est parfois perturbée par la perte d’une partie de la cargaison, due aux mauvaises conditions météo. La mer est toujours en mouvement, et un canot vide flotte à sa surface. Au fond, encore arrimées sur leur barge, ces caisses contiennent trois avions de combat qui, malheureusement ne se battront jamais contre les avions allemands
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08 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
08 Communiquant avec une corvette par des signaux lumineux, le "Campbell" fait le point sur les unités du convoi qui ont été éparpillées par la tempête. Sur le pont, les transmetteurs sont bien protégés du froid. Les tempêtes de l’Atlantique, qui brisent les convois, augmentent considérablement le travail des escorteurs, qui doivent reformer les rangs des cargos et protéger les bateaux les plus lents
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09 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
09 Le destin d’un trainard qui s’est laissé distancé à l’arrière du convoi est peint par Anton Otto Fischer. Maintenant une meute de sous-marins a commencé à traquer le convoi et l’un d’eux vient de faire surface et commence à manœuvrer pour une attaque à la torpille qui fera sa première victime.
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10 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
10 Un tanker vient d’être touché par la meute qui vient de déclencher son attaque. La colonne de flammes orange monte au-dessus de la zone vitale du navire. Ces incroyables couleurs éclairent les autres cargos. Les vaisseaux d’escorte se replacent aux positions attribuées en cas d’attaque.
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11 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
11 Le Cutter se place en position où il peut ratisser la zone propice aux assaillants. Des fusées ont été lancées dans le ciel, éclairant ainsi la zone où tout sous-marin en surface serait inévitablement repèré.
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12 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
12 Des charges de fond sont envoyées depuis la poupe du "Campbell", à l’endroit où un important signal sous-marin a été détecté par les instruments. Un canon "K"  vient juste de lancer une fusée prise dans la boite à gauche, ce qui est primordial avant de lancer les charges.
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13 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
13 Le "Campbell" rencontre son ennemi à la surface. Depuis quelques instants, le sous-marin était aperçu par le vaisseau. Le "Campbell", barre à droite et pleine vitesse se rapproche tant du sous-marin, qu’il ne pouvait plus pointer ses canons sur lui pour continuer à mitrailler le pont et la tourelle. Après quelques secondes, c’était la cohue sur le côté bâbord de l’escorteur et la tension était sur la coque du sous-marin : reculant sous les impacts, les deux vaisseaux s’éloignaient à nouveau. Le "Campbell" s’aide de son énorme lampe de recherche de 24 pouces de diamètre pour balancer sa punition après les canons. Les traces blanches des balles de 20 mm déciment l’équipage agglutiné sur le pont et un obus de 3 pouces vient juste de toucher la coque au niveau de la tourelle, faisant jaillir un geyser de la surface. L’U-Boat est en train de couler, mais le "Campbell" a été salement touché par la collision avec le sous marin. Le compartiment moteur se remplit d’eau, et bientôt la lampe va s’éteindre car l’électricité va tomber en panne.

L’épopée du « Campbell »
Dans l’attaque décrite dans ces tableaux, le « Campbell » était à l’arrière du convoi, zigzagant et naviguant de long en large quand le premier U-Boat fut repéré par les sonars. Comme l’escorteur se dirigeait vers l’endroit où le sous-marin avait été repéré, un des canonniers de l’avant du bateau devint tout excité quand il aperçut l’écume blanche qui suivait la coque et la tourelle du sous-marin, qui voguait en surface dans le noir en suivant le convoi. Les canons avant furent armés et positionnés, la lampe de recherche fut également dirigée sur le sous-marin, mais sans être allumée. Au moment où le phare de 24 pouces s’alluma, le sous-marin commençait à plonger, laissant juste quelques remous dans la lueur de la lampe. Le "Campbell" balança ses charges et les explosions suivaient le sillage du bateau.
Le second sous-marin fut entendu à l’aube. Bien qu’il ne parut jamais à la surface, de nombreuses charges sous marines lui furent balancées et le Cutter reprit sa place à l’arrière du convoi. Le capitaine Hirshfield, commandant du "Campbell" avait été pendant de longues heures sur le pont. Il s’apprêtait à descendre se reposer dans sa cabine quand le troisième contact fut établi.
 
« Je commençais à me sentir légèrement frustré par ces évènements », raconte le Capitaine Hirshfield, « quand soudain une vigie cria « Périscope droit devant ! »
« Je m’assurai que c’était exact et ordonnai au barreur une route qui croisait celle du sous-marin. Il était près de la surface, et quand nous sommes passés juste au-dessus de lui, nous avons balancé de nombreuses charges qui auraient dû bien endommager sa coque.
Comme il plongeait, le courant provenant de son hélice laissa de gros remous sur bâbord. Nous avons mis un fumigène à cet endroit, pour localiser d’éventuelles taches d’huile, mais rien ne vint étayer la thèse du naufrage. Juste après midi, un nouveau contact nous fit rebalancer des charges, mais sans résultats apparents. Et c’est au moment du crépuscule que le cinquième sous-marin fut aperçu, voguant à la surface.
Les canonniers ont ouvert le feu à vue, mais comme la nuit tombait, nous n’avons pas pu évaluer le résultat des tirs, ni celui des charges que l’on a balancées une fois qu’il avait plongé.
 
Au diner ce soir-là, les officiers et l’équipage du « Campbell » étaient excités après cette journée pleine d’alarmes. Maintenant, il était clair que le navire naviguait au dessus d’une meute de sous-marins et qu’ils pouvaient attaquer ou être attaqués à tout instant. C’était le jour de l’anniversaire d’Anton Otto Fischer, et, dans la cabine du Capitaine, sous le pont, Madera, le serveur philippin du mess apporta un gros gâteau où était écrit « Happy Birthday ».
 
« Je m’apprêtais à aller partager ce gâteau avec les officiers dans le poste de commandement, aussi, je ne l’avais pas coupé » raconte Fischer « et c’est quand nous nous sommes levés de la table que l’alarme a hurlé dans nos oreilles.. J’ai couru derrière le Capitaine jusqu’au pont, et il était là, posé sur la surface de l’Océan, notre sixième sous-marin en 18 heures. Il était devant nous, allant de bâbord à tribord, distant de quelques centaines de yards du "Campbell". Il ne pouvait pas nous avoir vus dans l’obscurité.
On vira à tribord pour lui défoncer la coque, mais quelqu’un dut nous voir, car le sous-marin fléchit sa course pour suivre une route parallèle à la notre. En quelques secondes, on était sur le sous-marin. C’était une drôle d’impression de regarder sa coque et sa tourelle dessous nous depuis le pont. On aurait pu sauter de notre pont sur le leur !
Après cet instant de calme, la coque du sous-marin heurta la nôtre, ouvrant une brêche par laquelle l’eau s’engouffra, mais quand il se mit à dériver, derrière nous, l’enfer se déchaina contre lui. Nos mitrailleuses tirèrent, décimant leur équipage sur le pont. Ils hurlaient comme une tribu de Comanches. On leur balança des obus de 3 pouces sous la ligne de flottaison. On ne pouvait pas les louper. On pouvait suivre la fumée des traceuses de 20mm qui fauchaient les marins, balayant le pont, et les renversant comme des quilles. A travers la nuit, on pouvait entendre des hommes nous appeler, l’un deux criant « Hello, Boys », sûrement les seuls mots anglais qu’il connaissait.
Puis, les appels s’estompèrent pour disparaitre définitivement. »
 
Ensuite la coque du « Campbell » se remplissait d’eau à travers la déchirure, et l’officier mécanicien monta sur le pont pour nous dire que la salle des machines était noyée. Et puis aussi que le tableau électrique était détruit et que la puissance électrique faiblissait. Le « Campbell » ne pouvait plus avancer et commençait à dériver, comme une masse sombre et livrée à elle-même. Un étrange silence tomba sur l’équipage. A tribord, les canonniers noirs qui avaient balancé les obus sur le sous-marin étaient assis calmement sur leurs canons. Sur le pont, le Capitaine Hirshfield saignait abondamment du dos, suite aux éclats de métal qu’il avait reçus.
 
Le sauvetage du "Campbell"
« Ce fut une sale nuit, » dit un des officiers. « Nous avons dérivé sans aucune protection, s’attendant d’un moment à l’autre à être torpillé. Et puis, un destroyer polonais, le « Burza » nous repéra, et nous furent tout de suite mieux. Le lendemain, on répara le trou avec un caisson, puis une partie de l’équipage fut transférée à bord du « Burza », et on jeta une partie de la cargaison par-dessus bord pour alléger le « Campbell ». Le « Burza » repartit et une corvette nous accompagna pendant trois jours, par un temps miraculeusement calme. Puis, un petit remorqueur vint à notre rencontre. Il avait navigué 800 miles sans aucune escorte pour venir à notre aide. Le skipper de ce remorqueur est le vrai héros de tout notre voyage. »
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14 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
14 Le destroyer polonais « Burza » se tient à coté du "Campbell", hors d’état de marche, pour parer à toute attaque sous-marine. Le Cutter ne peut plus avancer par ses propres moyens, et dérive en mer. Après le succès de leur attaque, l’équipage est silencieux, réalisant la précarité et les implications de leur situation.
AOF
15 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
15 Une partie de l’équipage est transférée à bord du "Burza" Ici, Anton Otto Fischer a peint un canot à moteur tractant un canot de sauvetage ayant à son bord une partie de l’équipage. Plus tard des vivres seront acheminées entre le "Campbell" et le "Burza" pour faire face à l’augmentation imprévue des hommes à bord du "Burza". En plus de ce poids enlevé au "Campbell", les hommes restant sur le navire ont jeté à la mer tout ce qui pouvait passer pardessus bord et qui n’était pas utile. Ils ont rebouché le trou dans la coque avec un caisson métallique pour empêcher l’eau de rentrer davantage dans le navire. Le "Burza", à court d’essence repartit à son port d’attache, et une corvette le remplaça pendant trois jours
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16 THE CRUISE OF THE CAMPBELL
16 Le port d’attache du "Campbell" est ce port morne et recouvert de glace. Le navire fut tiré jusque là par un petit remorqueur qui navigua 800 miles sans aucune protection pour ramener le Garde-côte au port. On voit la trace qu’ils ont laissé pour aller jusqu’à un ponton d’amarrage. Un peu plus loin, vers les grandes collines grises se dresse la silhouette d’un tanker, deux vieux destroyers à quatre cheminées, et un sous-marin allié. Derrière eux se tient un cargo, engagé dans le chenal. C’est à partir de ces petits ports d’Amérique du Nord et de l’Islande que sont lancés les vaisseaux qui combattent les sous-marins. Ici se tiennent aussi les unités de réparations et de ravitaillement qui retapent les navires quand ils rentrent de leurs missions. Un peu plus loin, dans les champs qui bordent le port, les avions de recherches sous-marines et de protection des convois se tiennent prêts pour s’envoler à la moindre alerte. Autour du port, on trouve le quartier général d’où partent les ordres de mission pour les convois et les escortes. Sur les terres désolées qui bordent ces ports, sans arbres, pleine de pierres et de boue gelée, les hommes essaient de se relaxer entre deux missions. Ils boivent de la bière dans des petits troquets enfumés, ou vont voir des films dans des petits cinémas minables. Ils parlent entre eux des combats navals et des camarades qui y ont perdu la vie. Et puis, dans quelques jours, ils retourneront sur leur bateau branlant et continueront  à se battre pour la sécurité des convois de l’Atlantique.
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17 Lieutnant-Commander Anton Otto Fischer
17 Anton Otto Fischer dans son uniforme de Lieutenant-Commandant des US Coast-Guards
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18 Sieste réparatrice à bord du "Campbell"
18 Anton Otto Fischer sur sa couchette à bord du "Campbell".  La galerie de pin-up ne lui appartient pas !
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Après l'aventure du "Campbell", Anton Otto Fischer est rentré chez lui et a retrouvé sa famille, sa vie à la campagne et ses pinceaux...
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19 Dans son atelier
19 Anton Otto Fischer dans son studio à Woodstock, état de New-York, en train de terminer une peinture sur la chasse aux baleines. La plupart de ses peintures traitent de la Mer qu’il arpenta quand il était jeune, et où il apprit beaucoup. Avant ce voyage sur le "Campbell", il hivernait souvent à Key West, là où il pouvait rester en contact avec la mer.
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20 En famille à Woodstock
20 Anton Otto Fischer avec sa femme, Mary Ellen Sigsbee,  et sa fille Katrina, en train de parler au soleil sur leur terrasse. Ils ont habité dans cette maison seulement pendant quelques années. Bien qu’il soit un peintre de marine, il préférait vivre à la campagne où il pouvait s’adonner à la pêche à la truite et au jardinage
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21 Dans son jardin
21 Dans son jardin, Anton Otto Fischer est vraiment heureux. Il a la main verte et tout ce qu’il plante pousse et produit. Sa famille se nourrit largement de ce qu’il récolte, et sa fille Katrina met beaucoup en conserve.
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22 La vie à la campagne
22 Anton Otto Fischer installant des tuteurs pour ses haricots dans son jardin.Cette année, il a aussi planté des pommes de terre, des tomates, du maïs, des petits pois, des choux et des herbes. Il commence aussi l’élevage de quelques poulets et possède également un cochon dans une ferme voisine et qui sera bien gras pour la fin d’année.
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23 Anton Otto Fischer au piano
23 Anton Otto Fischer jouant du piano pour sa femme. Elle est la fille de l’amiral Charles D. Sigsbee qui commandait le "Maine" quand celui-ci fut coulé dans le port de La Havane en 1898. Elle était également une artiste, mais ne peint plus depuis des années. Elle ne voulait pas être une femme de marin, et continua sa carrière d’artiste aussi loin qu’elle le put. Maintenant, dans la soixantaine, elle se sent comme la femme qui attend le retour de son mari sur la terre ferme. En dépit de son âge, Fischer n’a demandé aucune faveur pendant son voyage sur le "Campbell" partageant les dangers en mer au même titre que les hommes plus jeunes

VOIR MES QUATRE AUTRES PAGES A PROPOS D'ANTON OTTO FISCHER
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