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                     1943 : 5 Couvertures    Index  (Suite)
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SUITE ANNÉE 1943


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A PROPOS DU
sep1921

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le Saturday Evening Post était le magazine le plus populaire aux Etats-Unis.
Ses couvertures reflétaient tout l’effort de guerre qu'accomplissait et que subissait la population. Ces couvertures sont parmi les plus drôles et aussi les plus graves que le Post ait publiées. Voici, sur cette vidéo, un florilège de celles qui sont parues durant cette période. Elles décrivaient la vie des gens sur le « front intérieur » les problèmes des civils qui s’emboitaient aux problèmes des militaires, les champs de bataille et les rouages de la guerre. La musique qui accompagne cette vidéo s’intitule « ( There’ll be a) Hot time in the Town of Berlin » (Il va bientôt faire chaud sur la ville de Berlin) et elle est chantée par Bing Crosby et les Andrews Sisters.

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215eme couverture #215 1943 06 26 Cat's Cradle (? x ?cm)

Rockwell se sentit accablé quand, après avoir fait de Willie Gillies un héros de l'Amérique, son modèle, Robert Otis Buck était parti s'engager dans l'Aéronavale le 14 mai 1943 au "Naval Training Station" de Sampson, état de New York.
Le lendemain, 15 Mai, le studio de Rockwell prenait feu et était complètement détruit, causant la perte de nombreuses oeuvres de Rockwell, ainsi que sa collection de costumes et accessoires. Et il y avait aussi tous les croquis que le peintre avait fait de Willie Gillis pour les prochaines couvertures de la série.
La Navy, ayant appris cela et au courant que Buck était Gillis, le laissa retourner le temps nécessaire à Arlington pour être à la disposition de Rockwell afin que celui-ci puisse refaire ses croquis et les photos qui lui permirent de continuer la série.
La série s'arrêtera à la onzième couverture mettant en scène Willie en Octobre 1946, quand Bob Buck retourna au collège, une fois rentré de la guerre.
Longtemps après son retour, à l'occasion d'une interview qu'il donna à Wallingford, son lieu de résidence, il disait se rappeler qu'il avait seize ans la première fois qu'il posa pour Rockwell, et que tous les deux furent très surpris du succès de ces couvertures.
Il dit aussi "Que Norman était un gentleman et que c'était un bonheur de travailler avec  lui. Je n'avais aucune expérience ou d'entrainement pour le travail de modèle et beaucoup de poses ou d'expressions devaient durer de très longs moments pour obtenir le résultat attendu. La patience de Norman était super!"
C'est la huitième couverture de la série, et Rockwell a énormément soigné les costumes et les attitudes sur ce tableau. Regardez le bout des cigarettes, on les voit quasiment rougir  ! Et puis l'uniforme de Willie, son sac à dos, son casque, son fusil, sa cartouchière. Même les guêtres sont comme des vraies ! Son nom est marqué sur sa ceinture et sur son paquet de cigarettes (où il a glissé quelques allumettes) Son manuel de langue lui a permis d'expliquer au fakir qu'il allait le bluffer avec un tour incroyable, et que ses cobras n'impressionnaient personne ! Et le regard du Fakir en dit long sur la considération qu'il porte à Willie !... Il semble même hypnotisé par le jeune soldat ! Jetez un oeil à son turban, aux plis de son pied, à la maigreur de ses bras et de ses cuisses ! Le fakir tel qu'on l'imagine dans les contes pour enfants! Et il a même une petite boucle qui pend à son oreille.
Le fond sombre ajoute encore à l'intensité et la véracité de la scène.
C'est la seule des couvertures de la série où l'on voit Willie en uniforme de combattant avec un fusil. Il a quitté Fort Dix, et se trouve quelque part en Orient, peut-être en Inde ou à Ceylan Mais il ne combat pas, il est juste prêt au cas où...
Rockwell tenait à montrer des images rassurantes de la guerre, comme un répit pour les lecteurs. Et c'est ce qu'ils attendaient de lui...

Robert Otis Buck, - "Willie Gillis" pour l'éternité - est décédé en Mai 2011. Il avait 86 ans

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216eme couverture#216 1943 09 04 Woman (Home Front), Liberty Girl ou
                                                                    Rosie to the Rescue (? x ?cm)

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, les Etats-Unis purent continuer leur effort de guerre car les femmes prirent le relais des hommes partis au front. (Voir sur cette même page l’article consacré à Rosie the Riveter)
On retrouve sur cette couverture une Rosie fonceuse, prête à toutes les options possibles. Sur cette illustration on peut lui trouver une bonne trentaine d’activités avec son équipement 
Avec ses clés, elle peut-être gardienne de maison, ou tenir une pension ; elle peut être femme de chambre, ou ménagère avec son balai, sa pelle et sa brosse ; sa montre nous indique qu’elle peut être surveillante d’une équipe de travailleuses, elle peut être aussi opératrice de téléphone, grâce au casque et au micro qu’elle porte ; on pourrait la voir distribuer le lait, ou conduire la camionnette du laitier, on la découvre électricienne avec ses câbles électriques, ou reine de la plomberie et de la mécanique, ses outils le prouvent ; sa machine à écrire lui ouvre les portes du journalisme, de la sténo, du secrétariat ou de l’entretient des machines à écrire ; elle a des ciseaux de couturière ; avec sa pince à trous, elle peut poinçonner dans les trains, les bus ou les tramways ; elle sait certainement conduire aussi ces moyens de transport, car elle porte la casquette de chauffeur ; elle sait aussi faire le graissage sur les véhicules ; elle peut aussi être cantonnière, jardinière, fermière, institutrice, nurse…
Ces femmes s’adaptaient à toutes les situations. En plus, elles avaient leurs travaux d’intérieur et leurs enfants à assumer.
Beaucoup d’entre elles auraient aimé conserver ces emplois qu’elles occupaient, mais, une fois la guerre finie, les hommes qui sont rentrés ont repris leurs activités et les femmes sont retournées au foyer.
La petite icône sur la couverture représentant une « Torche de la Liberté » est l’insigne des « Women War Workers (femmes travailleuses de guerre) et figure sur tous les magazines qui mettent ces femmes en avant.
Rockwell a réalisé un grand nombre d’illustrations pendant la guerre, mais elles ne montraient jamais de combat, des personnages blessés ou en difficulté. Il a pourtant réussi à capturer toute la lutte de l’Amérique dans ses peintures.
D’après certaines sources, c’est un modèle professionnel qui aurait prêté ses traits à cette Rosie, et d’après d’autres sources, c’est une des filles de Mead Schaeffer qui aurait posé pour cette couverture…En tout cas, voici une des photos préparatoires à cette peinture.
Et puis, regardez cette vidéo (en anglais) où Sheridan Harvey explique l'évolution de Rosie à travers le travail des Américaines. Vous y retrouverez la Rosie de Rockwell, celle de Miller, la Torche de la Liberté et la Liberty Girl de cet article !

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 217eme couverture #217 1943 11 27 Thanksgiving (? x ?cm)

*C’est l’une des couvertures les plus sombres de Rockwell qui nous est montrée aujourd’hui. C’est aussi l’une des couvertures préférées de nombreux Américains. Jusqu’à cette date, Rockwell avait surtout fait des illustrations de couverture plutôt humoristiques, ou bien qui reflétaient le quotidien, des couvertures où chaque Américain se retrouvait. Même la série des « Willie Gillis » qui parlait pourtant d’un G.I dans la tourmente de la guerre, nous le montrait sous un jour rassurant.
Mais ce « Thanksgiving » n’amuse personne. Souvent, les couvertures de Rockwell produisent plusieurs sentiments - souvent opposés - à celui qui les admire. Mais là, le sujet est trop grave pour que le spectateur puisse disperser ses émotions.
Cette scène se passe en Europe, les colonnes brisées au sol nous font penser à l’Italie. La guerre fait rage aussi dans l’Europe du Sud. La jeune fille est accroupie près d’une de ces colonnes. Il doit faire froid, ses pieds sont enveloppés dans des chiffons et un soldat lui a prêté son manteau et partage son repas avec elle. Les populations civiles étaient très touchées par cette guerre, et l’arrivée des libérateurs était un immense espoir pour tous ceux qui souffraient. Elle rend les grâces pour Thanksgiving.
Rappelons-nous les deux dernières illustrations de Rockwell pour cette fête de Thanksgiving. D'abord, la couverture du Post daté de 1942 11 28 où l’on voit ce chef cuistot s’accordant une pause après que le repas de cette fête fut un succès, et l’autre, « Freedom from Want », un des « Four Freedoms », paru en ce début d’année 1943, qui montre une famille rendant grâce sans l’insouciance du manque.
Le contraste est saisissant et l’austérité des couleurs de cette couverture nous saute au visage. Rockwell nous fait comprendre qu’un corps réchauffé et un estomac moins vide que d’habitude peut être source d’espoir, ou du moins de réconfort.*

La jeune fille qui pose pour cette couverture s’appelle Aline Ponton Chamberlain.
** Aline avait 13 ans quand elle fut choisie pour incarner cette jeune fille. Elle habitait à Rutland, dans le Vermont.
Aline Raconte :
« Un jour, je sortis de chez moi pour appeler mes frères et sœurs pour le repas, quand un étranger s’approcha de moi. J’étais pétrifiée. Il m’inspecta et me demanda de me tourner de profil. Il me dit de ne pas avoir peur, mais j’ai appelé ma mère.
Elle sortit et demanda qui était cet homme et ce qu’il voulait. Otant sa pipe de sa bouche, il se présenta comme Norman Rockwell. Il voulait emmener Aline à Arlington pour la photographier comme un modèle pour une prochaine couverture du Post.
Ni moi, ni ma mère ne savions qui était Norman Rockwell, mais il promis que ma voisine, qui avait le même âge, serait aussi photographiée et que sa grande sœur viendrait aussi pour surveiller la séance. Aussi, ma mère donna sa permission. »
Les trios jeunes filles firent le voyage en bus, et après une heure de trajet, elles arrivèrent à Arlington.
La petite voisine d’Aline fut photographiée en premier. Dans tout le studio, de nombreuses photos de jeunes filles portant le même manteau et dans la même position étaient accrochées sur les murs. Plus de 500 jeunes filles ont été  photographiées avant que Rockwell ne choisisse le portrait définitif ! (Sur certaines de ces photos, on reconnait le portrait d'Ichabod Crane, un héros de fiction Americain, que Rockwell avait peint en 1937)
Une fois qu’elle fut assise, Rockwell enveloppa les pieds d’Aline dans des guenilles, et lui mis un authentique manteau militaire sur les épaules, qui masquait ainsi la chaise.
« Je me souviens qu’il m’a bousculée quand il m’a mis le manteau. Mais c’est vrai que je n’étais pas très grande. »
Aline dit encore que Rockwell était un homme très gentil, un gentleman. Il donnait toujours 5 ou 10 $ pour la pose.
“Je me rappelle que quand je rentrais à la maison, je serrais bien fort l’argent. 10 dollars étaient une grosse somme d’argent pour moi, nous étions douze enfants à la maison. »
Elle pensait que ces dix dollars seraient tout ce qu’elle retiendrait de cette séance pour le peintre. De plus, il cherchait quelqu’un d’origine italienne, et elle avait des ascendants français.
Sa voisine alla à l’école en annonçant qu’elle serait en couverture du Post, mais le 23 Novembre 1943, le livreur de journaux courut chez Aline pour lui montrer le magazine.
C’était elle, Aline, qui faisait la couverture.
Ce “Thanksgiving” est définitivement présenté dans les livres comme la couverture qui décrit la chute des pilliers de la tyrannie et qui brise les chaines de la soumission grâce à un repas de Thanksgiving.
La couverture parut juste deux mois après le débarquement et l’avancée des troupes alliées en Italie.
Le magazine fut encadré et suspendu dans les salles du collège d’Aline, St Joseph’s Academy. Aline se rappelle que beaucoup de ses amis lui demandaient un autographe, mais qu’elle était très timide.
« Cette expérience restera à jamais gravée dans mon esprit, et tous les jours je vois cette couverture du Saturday Evening Post du 1943 11 27 suspendue au dessus de mon orgue ».**

Aline Ponton Chamberlain est décédée le 14 Mai 2012, elle était agée de 82 ans.

* Condensé d'un article du site :
http://www.best-norman-rockwell-art.com/1943-thanksgiving-girl-praying.html

** Raconté sur :
http://www.tampabay.com/news/humaninterest/article768314.ece

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