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                     1946 : 7 Couvertures    Index
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237eme couverture #237 1946 03 02 Framed (ou Portrait) (? x ?cm)
    

Un employé de musée porte un cadre vide à travers une galerie de tableaux.
C’est le point de départ de cette œuvre de Norman Rockwell, parue en couverture du Post le 1946 03 02.
L’employé s’en va accrocher le cadre dans une des salles du musée. Il a un clou dans la bouche, un marteau et un tournevis dans sa poche et un chiffon sur l’épaule.
"Framed" est un des trois tableaux que Rockwell a faits en se servant  du principe des "peintures vivantes." (Il avait d'abord testé le procédé sur la couverture du 1944 01 01 "New Year Eve" où l'on voit sur trois photos Willie Gillis regardant tendrement sa fiancée endormie.)
Puis, la même année, il avait fait  "Fireman" et en 1955, il fera "The Art Student".
Dans celui-ci, il est amusant de voir le regard condescendant que l’officier anglais sur le tableau de droite – très XVIIIème siècle - porte sur ce travailleur, comme un aristocrate regarderait un ouvrier avec dédain. Regardez la photo du modèle*!
Derrière l’employé, un personnage qui semble être du XIXème siècle semble être en colère en regardant cet homme qui, tout à son travail, ne lui accorde pas le moindre regard. Rockwell l'a repris d'un tableau dont il a inversé le sens* pour que le personnage suive du regard l'employé du musée.
Et puis devant lui une belle jeune femme – peinte dans le style des Impressionnistes - semble étonnée qu’un homme ne la remarque pas.
Rockwell a rajouté une statuette* sur cette couverture. En fait, sous cette statuette est écrit un nom « oselsio » qui est la fin du nom d’un sculpteur du XXème siècle, Simon Moselsio. (Visible sur la peinture originale*, le nom est masqué par l’accroche éditoriale sur la couverture, et seule une partie du nom apparaît. De même, un 4ème cadre, visible sur le sketch préparatoire*, a disparu dans la composition finale.) Ainsi, dans cette peinture, Rockwell nous montre qu’il est sensible aux œuvres de tous les siècles passés, et qu’il n’est pas qu’un illustrateur.
C’est un des trois tableaux que Rockwell a faits en se servant  du principe des « peintures vivantes. » En 1944, il avait fait  "Fireman" qui représentait un pompier incommodé par la fumée de la cigarette qu’un visiteur avait posée devant le cadre. En 1955, il fera "The Art Student" où l’on voit un étudiant observer à la loupe les détails d’un tableau, à la plus grande joie de la femme sur le tableau  mais  sous le regard réprobateur des personnages de l’autre tableau.
Rockwell avait présenté plusieurs sketches* de ce tableau à Ken Stuart pour avoir son avis, et aussi son accord. Mais depuis le temps que Rockwell travaillait pour le Post et pour Ken Stuart, il savait par avance ce qui ne plairait pas, et ce qui serait retenu. Et quand Rockwell demandait à Stuart "Lequel voulez vous que je fasse ?" Stuart répondait généralement "Lequel voulez-vous faire ?" de telle sorte que Rockwell était libre de faire ce qui lui semblait le mieux...!
 
Edith Edgerton* est le modèle qu’utilisa Rockwell pour un des tableaux qui composent cette scène. Edith disait toujours que le peintre "se sentait désolé qu’elle ne figure sur aucune des couvertures qu’il avait faites pour le Post et que pour cette couverture elle n’était quasiment qu’une épaule."
C’est Walt Smith* qui fut retenu pour interpréter le rôle de l’employé.


Ce tableau fait partie de la collection permanente du Taubman Museum of Art, situé 110 Salem Avenue SE, Roanoke, Virginia, USA.

*Ces photos viennent des Archives du "Norman Rockwell Museum", Stockbridge, Massachusetts.
Je me suis servi d'un paru sur le site "http://swvaartists.com/a-celebration-of-the-common-man dont j'ai traduit quelques extraits.
                                                        
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238eme couverture #238  1946 04 06 Charwomen in Theater (Playbill) (108 x 84cm)

Une fois de plus, Rockwell nous montre son attachement aux « gens ordinaires ».
On voit ici deux femmes qui, comme chaque matin, viennent au théâtre pour faire le nettoyage de la salle après le passage de la foule le soir précédent. Mais elles sont en train de prendre une pause, et jettent un œil sur le programme joué la veille. Elles doivent certainement s’imaginer le bonheur de pouvoir assister à une de ces soirées auxquelles leur condition de femmes de ménage ne les autorise guère…
Rockwell  a demandé à deux de ses voisines d’Arlington de poser pour cette couverture. Il s’agit de Jennie Crawford McKee, à gauche, et de Sara Van Netta « Nettie » Stiles***, à droite. Femmes très respectables, elles ne voulurent pas poser en tant que femmes de ménage. Rockwell dut les convaincre que ce n’est pas ce qu’il voulait, et il leur expliqua donc ce qu’il attendait d’elles, ce qu’elles acceptèrent. Un matin, il leur donna donc rendez-vous au Majestic Theatre de New York, où il était venu repérer les lieux*.
Rockwell dit d’elles "qu’elles ont tellement bien joué leur rôle, que si il y avait eu un public, elles auraient reçu une salve d’applaudissements !". Elles apprécièrent tant leurs rôles qu’elles dirent au peintre "qu’à l’avenir, si elles devaient poser à nouveau pour lui, elles le laisseraient définir ce qu’elles auraient à faire, et ne discuteraient pas de ses choix!"
Norman n’avait pas toujours cette chance de tomber sur de modèles conciliants. Un jour, il avait embauché une matrone de la haute société, et l’avait représentée en grosse femme de chambre ; eh bien, elle ne lui adressa plus jamais la parole !
Remarquez les détails laissés çà et là par le peintre comme les manches à balai à la peinture bien défraichie : le rouge n’a d’ailleurs plus du tout de couleur à son extrémité. Le seau émaillé avec sa brosse qui dépasse et sa serpillière qui pend, les motifs colorés sur les deux tabliers qui donnent aux deux employées un peu de vie à leur morne existence, et le beau mouchoir en dentelle qu’une spectatrice a malencontreusement laissé sur un des sièges en velours rouge et les programmes que regardent d’un air envieux les deux femmes, tout nous montre que le lieu où travaillent en matinée ces modestes employées n’a pas la même finalité que pour ceux qui le fréquentent en soirée…
Voici l'ébauche* que Rockwell présenta au Post pour acceptation
Il est à noter que Jennie Crawford McKee**– déjà vue dans le rôle de la mère du GI dans « Homecoming G.I » du 1945 05 26 - était mariée avec  Harvey Clarence McKee**, déjà employé par Rockwell dans "Sherif and Prisoner" du 1939 11 04.
Un an plus tard, McKee apparaissait deux fois dans la fameuse illustration "Blacksmith’s Boy : Heel and Toe" du 1940 11 02.
De même, "Nettie" Stiles Crofut*** était la femme de Charles Hawley Crofut*** que l’on verra souvent dans les illustrations des calendriers des « Four Seasons ».
Jennie Crawford McKee# et Harvey Clarence McKee# sont enterrés au cimetière de West Arlington, ville où ils étaient voisins des Rockwell.
"Nettie" Stiles Crofut# et Charles Hawley Crofut# sont également enterrés au West Arlington Cemetery.

* Ces photos viennent des Archives du "Norman Rockwell Museum", Stockbridge, Massachusetts.
** Ces photos viennent du site : http://records.ancestry.com/Harvey_Clarence_McKee_records.ashx?pid=142955294
*** Ces photos viennent du site : http://freepages.genealogy.rootsweb.ancestry.com/~socalsue/dat115.html
# Je me sers souvent des services du site "Find a Grave" qui localise les tombes des gens connus aux Etats Unis.

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239eme couverture #239 1946 07 06 Statue of Liberty (61 x 35,5cm)

Rockwell a toujours été un grand patriote mais il prenait bien soin de ne pas afficher ses propres convictions. Durant sa carrière, il a illustré de nombreuses fois les couvertures ayant trait à l'élection présidentielle américaine, s'attachant à représenter les deux candidats (à l'exception de 1952 ou seul Eisenhower fut représenté. Voir l'article à propos des candidats-présidents vus par Rockwell sur la page Rockwell 1960 - Kennedy/Nixon)
En 1946, pas d'élection présidentielle en vue, mais le 4 juillet étant la Fête Nationale Américaine, une couverture à propos de cet évènement est programmée chaque année par le Post. Aussi, on demanda à Rockwell d'en assurer la réalisation.
Rockwell avait sa petite idée à son sujet. Quel symbole pouvait mieux représenter son pays mieux que la Statue de la Liberté?

**"La Liberté illuminant le Monde" (Liberty Enlightening the World), plus connue sous le nom de "Statue de la Liberté" (Statue of Liberty), est l'un des monuments les plus célèbres des États-Unis. Elle est située à New York, sur l'île de Liberty Island au sud de Manhattan, à l'embouchure de l'Hudson et à proximité d'Ellis Island.

Elle fut construite en France et offerte par le peuple français, en signe d'amitié entre les deux nations, pour célébrer le centenaire de la déclaration d'indépendance américaine.  L'idée vient du juriste et professeur au Collège de France, Édouard de Laboulaye, en 1865.
Le projet est confié, en 1871, au sculpteur français Auguste Bartholdi. Celui-ci obtint le brevet pour la construction du monument en 1879.
Pour le choix des cuivres devant être employés à la construction, l'architecte Eugène Viollet-le-Duc eut l'idée de la technique du repoussé.
Les travaux commencèrent en 1875 à Paris, dans les ateliers Gaget-Gauthier.
En 1879, à la mort de Viollet-le-Duc, Bartholdi fit appel à l'ingénieur Gustave Eiffel pour décider de la structure interne de la statue ( Voir sur ce site de nombreuses photos d'époque ayant trait à la construction de la Statue ). Eiffel imagine un pylône métallique qui supporte les plaques de cuivre martelées et fixées. Elle fut livrée en 1885 et le montage put commencer.
La statue fut inaugurée le 28 octobre 1886 en présence du Président des États-Unis, Grover Cleveland. Un peu plus de 10 ans après la date souhaitée par Bartholdi...
La statue fait partie des National Historic Landmarks depuis le 15 octobre 1924 et de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1984.**

La Statue de la Liberté, en plus d'être un monument très important de la ville de New York, est devenue l'un des symboles des États-Unis et représente de manière plus générale la liberté et l'émancipation vis-à-vis de l'oppression.
De son inauguration en 1886 jusqu'au Jet Age, la statue a ainsi été la première vision des États-Unis pour des millions d'immigrants, après une longue traversée de l'océan Atlantique (Regardez ici l'arrivée de Charlot à New-York dans le film "The Immigrant".)
Au plan de l'architecture, la statue rappelle le Colosse de Rhodes qui était l'une des sept merveilles du monde antique. Elle constitue l'élément principal du "Statue of Liberty National Monument" qui est géré par le National Park Service.

Cette statue est une des plus représentées par les illustrateurs  et elle apparait dans de nombreux films au cinéma.

Après un premier projet non retenu, Rockwell eut l'idée de représenter la statue  comme on ne la voit que rarement, c'est à dire quand elle fait sa toilette !
Durant la session de photos* pour préparer son tableau, il n'employa qu'un seul modèle, puis il le transforma en plusieurs personnages différents!
Ce monument necessite un entretien régulier, et, en 1984 une restauration totale a été effectuée et elle fut fermée au public jusqu'en Juillet 1986 où elle fut présentée, rénovée, pour son centenaire.

Le tableau original se trouvait dans le bureau du Président des Etats Unis, à la Maison Blanche, choisi par Barack Obama. Mais Trump la fera remplacer en 2017 par le portrait d'Andrew Jackson.
Andrew Jackson, 7ème Président des Etats Unis, déclara lors de son discours d'investiture, " qu’il fera le nécessaire pour vider l'Est du continent des Amérindiens, et occuper leurs territoires " . C'est ce qu'il fit, et l'on comprend mieux pourquoi Trump préfère voir Jackson dans le bureau ovale, plutôt que la Statue de la Liberté... Un anti hispanique vaut bien un anti amérindien, non?! Pauvre Norman, il doit se retourner dans sa tombe !

Et puis, pour terminer, voici une petite anecdote à propos des ateliers Gaget-Gauthier :
Le jour de l'inauguration de la Statue de la Liberté, le 28 octobre 1886, l'entreprise Gaget-Gauthier aurait distribué des miniatures de la statue aux personnalités présentes pour la cérémonie. Les invités se seraient ainsi demandés entre eux, et avec l'accent américain : « Do you have your Gaget? », c'est-à-dire « Avez-vous votre Gaget ? » ce qui aurait donné naissance au mot aujourd'hui très employé dans la langue française gadget (Source Wikipedia)

Retrouvez ici une vidéo retraçant l'histoire du monument le plus connu des Etats Unis, réalisé à l'occasion de son 125éme anniversaire, et une autre ici, plus complète.

* Ces photos viennent des Archives du "Norman Rockwell Museum", Stockbridge, Massachusetts.
** Extrait de l'article consacré par Wikipedia à la "Statue de la Liberté"

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240eme couverture  #240 1946 08 03 Fixing a Flat (56 x 51cm)
  
La Deuxième Guerre Mondiale a énormément changé les rôles et les habitudes aux Etats Unis. Quand les hommes sont partis à la guerre, ce sont les femmes qui ont assuré l'économie du pays. Elles travaillaient dans les usines, les aéroports, les champs, les ports. Elles faisaient les travaux que faisaient les hommes en temps de paix. Combien d'avions ont elles construit? Combien de bateaux ont-elles lancé? Combien d'armes et de munitions ont-elles fabriqué? Rockwell nous en avait déjà touché deux mots avec les couvertures du  1943 05 29 "Rosie the Riveter" et celle du  1943 09 04 "Woman (Home Front)"
Aussi n'est-il pas étonnant, en 1946, de trouver deux d'entre elles en train de changer la roue dégonflée d'une voiture. Et peu importe la robe claire, s'il faut se mettre à plat ventre, eh bien on se met à plat ventre. Et s'il faut se salir les mains avec la roue, eh bien on aura les mains noires !
Le bonhomme qui se repose là-haut dans sa cabane n'a pas l'air très concerné ! La pipe à la bouche, les chaussures loin de ses pieds, il est bien mieux à flemmarder qu'à aller aider deux jeunes filles en détresse... Qu'elles se débrouillent! Après tout, elles ont l'air de plutôt bien s'en sortir. De toute façon, vu l'état de sa maisonnette et du terrain qui l'entoure, on voit bien que ne rien faire est son leitmotiv. Le chien ne s'en fait pas non plus, et les deux biquettes (empruntées à un voisin) sont libres d'aller et venir sur le terrain, il n'y a même pas de clôture...
Comme à son habitude, le peintre a d'abord présenté son projet à l'éditeur, avec quelques croquis préparatoires**
Une fois l'accord obtenu, Rockwell a soigneusement représenté le décor qu'il l'avait vu et enregistré* pendant les repérages pour cette illustration. Regardez le panneau d'interdiction d'entrer ("No Trespass")  la cabane (qu'il a bien "arrangée") et la boite aux lettres (qui ne doit pas voir de lettres tous les jours)!
Ensuite, il donne ses directives*, pour avoir exactement la position qu'il recherche des personnages... et même du chien! 
Et puis, beaucoup des séances photos se font dans le studio. Pour les deux jeunes filles, il a choisi les deux filles de son ami Mead Schaefferillustrateur pour le Post, comme lui et aussi voisin à Arlington. Ce ne sont pas des inconnues : Patty et Lee Schaeffer* sont les deux jeunes filles qui se disputaient l'honneur d'être la vraie et unique fiancée de Willie Gillis sur la couverture du 1942 09 05 "Confrontation" ! On avait ensuite vu Lee Schaeffer sous la couette... et sur la couverture du nouvel an 1944 "New Year Eve", et on retrouvera une dernière fois les deux jeunes filles sur la couverture de Noel 1948 "Christmas Homecoming".
Et une fois les photos faites, il n'y a plus qu'à peindre le tableau définitif! Facile, non?!
Pour la petite histoire, sachez que le personnage dans la cabane était un voisin et ami de Rockwell, et qu'en aucun cas, il n'aurait agi comme cela. Et Rockwell disait même "qu'il était impossible de trouver une telle scène dans le Vermont" Et il rajoutait "car dans le Vermont, il vous aurait aidé!"                                                                                                                           
* Ces photos viennent des Archives du "Norman Rockwell Museum", Stockbridge, Massachusetts.
** Ces photos viennent du livre " NORMAN ROCKWELL : A DEFINITIVE CATALOGUE "
par LAURIE NORTON MOFFATT (© Norman Rockwell Museum 1986)

                                   
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241eme couverture #241 1946 10 05 Willie Gillis back to the College (91,5 x 90cm)

C'est la dernière apparition de Willie Gillis en couverture du Post. Nous sommes en 1946, et Willie est revenu de la guerre, certificat de bonne conduite en poche.
Robert Buck, qui lui a prêté son visage à de multiples reprises (11 couvertures et 2 illustrations) a repris ses études, grâce au "G.I Bill" (officiellement titré "Servicemen's Readjustment Act" de 1944) qui est une loi américaine adoptée en juin 1944 fournissant aux soldats démobilisés de la Seconde Guerre mondiale (communément appelés les G.I.) le financement de leur études universitaires ou de formations professionnelles ainsi qu'une année d'assurance chômage. Cette loi fournissait également différents types de prêts à taux très bas pour pouvoir acheter un logement ou démarrer une entreprise. Regardez cette vidéo (en anglais, malheureusement non sous-titrée) très explicite sur les droits afférents à ces soldats.
Pour cette couverture, Rockwell a utilisé un mélange des lieux. En effet, le clocher que l'on aperçoit en arrière plan est celui du collège de Middlebury, dans le Vermont. Et Willie Gillis ne devrait pas avoir le droit de poser là, car cette fenêtre se trouve dans le dortoir des filles du "Burr and Burton Seminary"** de Manchester, dans le Vermont également. Etablissement qui accueillait garçons et filles, mais dans des locaux séparés !
Rockwell fit donc prendre différentes photos de Robert Buck qui posa selon ses indications*, et le peintre choisit celle qui s'approchait le plus de son idée générale de la couverture. Il fit ensuite des photos pour les décors*, et l'assemblage final donne cette couverture un peu nostalgique de Rockwell où la vie reprend son cours.
Quand le tableau fut fini, il est intéressant de savoir que Rockwell sollicita l'aide de Buck pour emmener cette oeuvre à Philadelphie, siège de Curtis Publishing, qui éditait et imprimait le Post.
Robert Buck fut reçu comme un héros dans les bureaux du journal.
Une fois les photos prises pour l'impression de la couverture, Rockwell remit le tableau original à Robert Buck, et celui-ci le garda jusqu'à la fin de sa vie. Retrouvez sur cette vidéo Robert Buck, qui nous parle de la série des "Willie Gillis".
Robert Otis Buck, - "Willie Gillis" pour l'éternité - s'est éteint en Mai 2011

* Ces photos viennent des Archives du "Norman Rockwell Museum", Stockbridge, Massachusetts.
** Cette gravure provient de la collection "David Rumsey Historical Map Collection". Vous pouvez voir l'intégralité de cette collection sur le site :  www.davidrumsey.com

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242eme couverture #242 1946 11 16 Commuters (56 x 52cm)

Dans le Post du 1946 11 16, une peinture de la station " Crestwood" apparait en couverture, donnant aux lecteurs  la vision de Norman Rockwell de ce que peut être une gare de banlieue au milieu des années 1940's.
Rockwell fit un gros repèrage photographique pour élaborer cette couverture, photographiant les maisons et tous les éléments de la station. De nombreux modèles furent également utilisés, et Rockwell se donnait également à 100% en figurant lui aussi sur cette couverture.
Finalement, rien n'a vraiment changé dans le rush des banlieusards... Les premiers arrivés auront les meilleures places dans le train, les derniers arrivés jonglant entre l'achat du quotidien qui leur fera passer le temps du voyage, et l'achat du billet qui leur permettra justement de faire ce voyage. Tous semblent indifférents à leur voisins et ceux qui lisaient le journal sur ce quai hier, sont ceux qui ont les écouteurs sur les oreilles aujourd'hui...
Le vendeur de journaux doit être drôlement habile pour rendre la monnaie en un minimum de temps et ne pas faire perdre de temps aux retardataires.
Durant une séance de signature, une petite fille de douze ans, Jane Winiker, qui habitait Eastchester, demanda justement à Rockwell pourquoi  les maisons et le paysage de fond ne ressemblait pas une reproduction fidèle de la station de Crestwood, située dans le village de Tuckahoe.
Rockwell eut la gentillesse de lui expliquer qu'en fait, il voulait montrer aux lecteurs la réalité de la banlieue et ses contraintes.
En fait, Jane Winiker avait bien connu cet endroit qui, dans les années 40's était plus rural et comportait un parc et un petit lac.

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243eme couverture #243 1946 12 07 New York Central Dinner  (96,5 x 91,5cm)

Utilisant l’intérieur d’un wagon restaurant d’une des lignes de chemin de fer de la "New York Central", Rockwell nous montre l’embarras d’un jeune garçon au moment de donner un pourboire au garçon.
Quand Rockwell était enfant son père lui lisait des histoires de Charles Dickens, et Norman, ensuite, s’essayait à l’illustration en s’inspirant de ces histoires. Cette couverture du Post est directement inspirée d’une illustration d’Hablot Knight Browne représentant une scène similaire pour "David Copperfield". (H.K. Browne a illustré une quinzaine d’œuvres de Charles Dickens au moment de leur parution.)
Rockwell demanda à la "New York Central" le prêt d’un wagon et celui-ci fut déplacé d’Albany à New York où le peintre et son fils âgé de 10 ans, Peter, se retrouvèrent.
Peter fut choisi * après que quatre autres garçons * aient posé pour le rôle. Mais ils ne convenaient pas au peintre *, qui trouva en son fils le modèle qu’il voulait.
Avec le wagon étaient également "prêtés" trois "waiters"* (garçons de restaurant).
Mais Rockwell n’était satisfait ni du wagon, qu’il trouvait trop moderne (c’était un des wagons du "20th Century Limited" dont la loco #5450 était futuriste**) ni des trois "waiters".
Aussi demanda t-il à la compagnie un wagon plus ancien * et un autre « waiter ».
La semaine suivante, quand il retourna pour la séance photo, tout était comme il le souhaitait. Le wagon était parfait, et le "garçon" - Jefferson Smith -* avait 28 ans de métier à la compagnie.
Pour remercier la compagnie de ses efforts, Rockwell inclut sur son tableau la reproduction d’une carte postale de la "New York Central" (illustrée par Charles Sheeler pour la série "Power" commandée par le magazine Fortune en 1938 et parue dans le N° de Décembre 1940 - retrouvez les 5 autres illustrations ici -) mettant en scène la locomotive #5450** et, sur la page de sommaire du Post, un encart citait la compagnie à la rubrique "This week’s cover" ce qui faisait - d’après les spécialistes - l’équivalent de 10.000$ de publicité gratuite !
 Rockwell fit plusieurs mises en scène * pour ce tableau avant de dessiner la version qui serait définitive.*
Notez que le comic's qui se trouve dans la poche de Peter Rockwell n'est pas, comme on pourrait le penser, un exemplaire de "Fritz the Cat", car celui-ci n'a été créé par Robert Crumb qu'en 1959.
Alors, qui me dira de quel comic's il s'agit?

  * Ces photos viennent des Archives du "Norman Rockwell Museum", Stockbridge, Massachusetts.
** Ces images proviennent du site "Richard Leonard's Steam Locomotives Archives"
                                   
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