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                     1920 : 11 Couvertures     Index
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26eme couverture #26  1920 01 17 Love Letter (66 x 58,5cm)
 
Ah ! L'amour ! Dans "Love Letter" du 1920 01 17, ce jeune garçon est bien persévérant ! Déjà trois lettres d'amour chiffonnées sur le sol. Sur l'une d'elles, pleine de taches d'encre, on peut lire ( je respecte l'orthographe : " cher keur, je tème de pluzen plu chak jour "
Ses mains et sa figure sont pleines de taches d'encre. Même son visage ruisselle d'encre ! Mais il persévère dans son effort...Réussira-t-il a faire enfin sa déclaration d'amour proprement ? Ca tiendrait du miracle !
Son chien se demande bien le pourquoi de tout ce désordre... et aimerait bien un peu d'attention de son maitre.
           
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nu #27 1920 02 07 Skaters  (? x ?cm)

Scène hivernale pour cette 27ème couverture, 1920 02 07 " Skaters ".
Certainement que Rockwell a du résister à l'envie de mettre une jeune fille un peu plus ronde et moins jolie pour amplifier le gag. Mais en fait, on a affaire là à une véritable photographie, avec la jeune fille qui regarde l'objectif et sourit au bon moment, alors que le jeune garçon, lui, peine à garder l'équilibre et se moque éperdument de l'objectif, tant il est affairé à essayer de remettre sur pied la jeune patineuse !
Une fois ses modèles choisis, et la scène préparée, Rockwell ne changeait plus rien des décors ou des habits de modèles. Si la patineuse avait un pull rouge pour la pose, il la faisait avec un pull rouge, et il disait lui-même qu'il n'aurait jamais pu changer ce rouge en vert après coup.             
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28eme couverture #28 1920 03 27 Departing Servant (? x ?cm)

L'idée même d'avoir une servante semble être un anachronisme de nos jours alors que la plupart des gens font tout par eux-mêmes.
Mais dans les années 20, des magazines comme Life, Judge et dans une certaine mesure, le Post, aimaient à faire des plaisanteries sur les domestiques.

Pour une centaine de dollars par mois, il était possible de se payer un staff de domestiques Et même des familles modestes avaient une "bonne".
Rockwell s'est inspiré des couvertures de Leyendecker pour réaliser la sienne. Rigidité du personnage, touche de ridicule dans sa façon de porter son petit sac, et les armoiries ! Leyendecker s'était fait une spécialité d'incorporer des éléments graphiques comme une partie de la personnalité du personnage.
Aussi regardons le blason qu'a fait Rockwell, comme un clin d'oeil à son ami et maitre, Joe Leyendecker.
Que trouvons-nous sur ce blason ?
Déjà, il y a des trèfles, laissant supposer que la servante est Irlandaise. De nombreux américains sont d'origine irlandaise, - rappelons-nous les Kennedy - aussi ce détail a toute sa place ici. Ensuite, on trouve des dollars, qui indique sa raison de vivre, gagner de l'argent. Un rouleau à patisserie, pour montrer qu'elle fait des gâteaux, ou pour dire à son mari de "marcher dans les clous" Une bouilloire rappellant ses origines, le thé étant incontournable, et puis une cuillère en bois et une brosse à reluire, instruments indispensables à son activité.
Ce ne sont pas ce qu'on peut appeler des armoiries très nobles, mais bon, cet humour était dans l'air du temps... et puis Rockwell peut bien s'amuser un peu de temps en temps ( et faire sourire ses lecteurs !) !
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nu #29 1920 05 01 Ouija Board (66 x 56cm)

Pour sa 29ème couverture, du 1920 05 01 " Ouija Board " Rockwell a choisi d'illustrer le phénomène en vogue dans les années 20, le spiritisme.
Dans cette couverture Rockwell expérimente pour la première fois la technique du cercle, créée par Coles Phillips qui permet de mettre en évidence une partie de l'illustration. Rockwell se servit ensuite souvent de cet artifice, jusqu'à la mort du directeur du Post,  Lorimer,  en 1937. ( Coles Phillips mourut de la tuberculose en 1927 )
Dans les années 20, les " Ouija Boards " étaient très populaires. C'était des tablettes de bois où étaient inscrits chiffres et lettres qui étaient censés répondre à toutes vos questions existentielles...
De nombreuses réunions étaient organisées, profitant de la vague de crédulité qui imprégnait cette époque.
De nombreuses pubs pour les activités liées aux Ouija Boards apparaissent aussi... et même la société Parker crée un jeu appelé " Ouija Board " à la fin des années 60 !!!
Il est à noter que le guitariste du groupe Metallica, Kirk Hammett possède quelques guitares ayant un Ouija Board gravé sur la face avant de l'instrument. Elles sont exclusivement de marque ESP
Un autre fabricant, Steve Sedgwick de
Sedgwick Guitar, a créé un modèle unique de guitare accoustique avec un Ouija Board sur l'arrière de l'instrument.
On retrouvera les deux personnages de cette couverture le 1921 10 01 pour "Sneezing Spy"

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  30eme couverture #30 1920 05 15 Travelling Companion (63,5 x 46cm)


Bien que non-répertoriée dans les couvertures qu'a faites Billy Paine, je pense que c'est bien lui qui pose pour ce Travelling Companion.
En examinant bien l'étiquette qui est sur le panier, des indices font vraiment penser que  le garnement - mon meilleur ami, disait de lui Rockwell - a aussi posé pour cette couverture. Certainement sa dernière prestation pour le Saturday Evening Post
Voyez ma théorie ici !

« Si vous voulez un ami dans ce monde, prenez un chien » disait le président Harry Truman dans les années quarante.
Il y a bien longtemps que Rockwell représentait la gente canine dans ses couvertures du Post . Entre 1916 et 1926, pas moins de vingt-six couvertures sur quatre vingt-onze ont eu un chien comme acteur ! (pour seulement deux fois un chat ! ) Les chiens ont vraiment fait partie de sa vie
Et c’est souvent le chien de Rockwell qui donnait la réplique.
Un jour Lorimer, - l’éditeur du Post – demanda à Rockwell :
« Pourquoi mettez vous toujours le même corniaud dans vos couvertures ? »
« Parceque c’est un bon chien et que c’est un bon modèle », répondit Rockwell « et aussi parce qu’il est très obéissant »
« Bon » dit Lorimer, « j’ai sur moi la photo d’un Spitz. Mettez-le sur une de vos couvertures. »
Le Spitz, apparut, plus tard. Un jour, un employé du Post demanda à Rockwell :
« Mais c’est le chien de Lorimer ! Comment avez-vous fait pour en avoir une photo ?! »

Le corniaud de Rockwell apparut avec sa queue, sans sa queue, en épagneul, ou en Airdale Terrier, selon la couverture, tout au long des années qui suivirent la première guerre mondiale !
Son chien s’appelait " Lambert " et il était plus que son ami !

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   nu #31 1920 06 19 A Dog's Day   (? x ?cm)     
    
Bon ! Le chien, là ! Oui, toi, le clebs ! T-U  M-E  F-O-U-S  L-A  P-A-I-X !
Cette 31ème couverture de Rockwell, 1920 06 19 " A Dog's Day "nous offre l'image d'un jeune soupirant en rogne après ce chien qui est en train de lui " casser sa baraque "Il n'y a qu'à voir l'air amusé de sa Dulcinée pour se rendre compte que, malgré les fleurs, ce n'est pas encore dans la poche. Espérons pour le jeune garçon que cela s'arrange autour d'une tasse de thé.... servie par la maman qui ne laissera sûrement pas une jeune fille recevoir toute seule un garçon chez elle !!!
Avez-vous vu comme le garçon est bien habillé ? C'est vrai qu'à cette époque, la  "veste " était souvent de rigueur !!!
Le chien a déjà la queue entre les jambes, lui... Il fait le dos rond, il a compris qu'il était de trop, et que, bien qu'il ait arraché le piquet qui le maintenait attaché, sa maitresse ne l'emmènera pas en ballade. Du moins dans l'immédiat.
                       
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 nu #32 1920 07 31 The open Road (? x ?cm)

Rockwell disait de cette couverture - 1920 07 31 " The open Road " - que c'était une des plus populaires qu'il ait faites.
Voici Dave Campion et sa famille, qui posent pour cette couverture. Retrouvez-le aussi à propos de la couverure "Christmas Carol" sur la page Rockwell 1923
La petite Ford qui dépasse la voiture de luxe, une Peerless...
Et le petit drapeau où est écrit " Excusez-moi pour la poussière... " . Dave Campion est rayonnant ! Et son fils hilare ! Quant à madame, elle ne peut masquer sa fierté !
Grâce à Henry Ford et son " Model T ";, la voiture devient abordable pour tous, et la société est en train de changer. On est encore loin du Jeudi Noir, et les années qui viennent seront prospères.
La chute n'en sera que plus brutale, mais Rockwell a su capter le bonheur présent.

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nu #33 1920 08 28 The Cave of the Winds (? x ?cm)

Et si c'était cette couverture de Rockwell " The Cave of the Winds " du 1920 08 20  qui avait inspiré la scène de "Sept Ans de Réflexion" où la robe de Marilyn Monroe se soulève au passage de la belle blonde sur une bouche de métro ? Peut-être la question a-t-elle été posée à Billy Wilder, le réalisateur, mais je n'ai eu aucun écho de la réponse...
En tout cas, à voir l'oeil goguenard du garçon, on sait que son plan a marché ! Il a réussi à entrainer l'innocente jeune fille dans cet escalier qui mène à la " Grotte des Vents"... certainement en lui jurant les grands dieux qu'elle ne risquait absolument rien !
Mais regardez le souci qu'a Rockwell du détail, la robe dont la remontée a été stoppée juste à temps par les deux mains, celle devant que l'on voit et celle derrière que l'on devine s'agrippant à cette robe trop légère malgré tous ses froufrous, les pieds de la jeune fille, ses genoux serrés en signe de défense, le paquet de cacahuètes dont la chute s'est transformée en ascension, et les cacahuètes qui elles aussi défient les lois de la gravité. Le petit porte-jarretelle qui apparait fugacement .Et le regard de la jeune fille qui se demande bien comment elle va se sortir de ce faux pas.
Le garçon, lui, tient déjà son chapeau, alors qu'il n'est même pas encore au dessus du ventilateur... Un malin, je vous dis. Espérons juste qu'il saura se faire pardonner en emmenant la belle faire un tour au calme sur la Grande Roue que l'on aperçoit derrière, avec une bonne glace qu'il aura eu la délicatesse de lui offrir...
La jeune fille qui pose s'appelle Helen Rogge, et on la retrouve aussi sur la couverture du  Literary Digest "Off to School" daté du 1920 09 04. (Cette dernière couverture sera réutilisée pour le magazine Grade Teacher  du 1946 04 avec un nouveau titre, "Barefoot Boy".)

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 nu #34 1920 10 09 The Debate  (? x ?cm) 
  

En fin de page Rockwell 1960, à propos des deux couvertures représentant Kennedy et Nixon, je vous parle des différentes couvertures que Rockwell avait faites à propos des élections présidentielles aux Etats Unis.
Voici la 1ère d'entre elles du 1920 10 09 " The Debate " qui met en scène un jeune couple apparemment pas sur la même longueur d'ondes. Le Post avait à coeur de ne pas froisser l'un ou l'autre des candidats, aussi devaient-ils être traités sur un pied d'égalité, surtout en couverture ! Rockwell a réussi à contourner l'obstacle en faisant apparaitre les deux prétendants sur des journaux et sans slogans. De même les deux sigles des partis sont représentés à parité. Warren Harding, Républicain fut élu 29ème président face à James Cox, candidat démocrate.
L'assurance affichée de la jeune fille semble agacer au plus haut point son compagnon qui donne l'impression de se poser beaucoup de questions... Ils sont dos à dos, et ce n'est pas le résultat qui risque de les réconcilier sur le plan politique. Harding mourra 3 ans plus tard sans atteindre la fin de son mandat. Sa présidence fut éclaboussée par de nombreux scandales impliquant son gouvernement et nombre de ses amis. Cela aura sans doute consolé le jeune homme et lui donnera des arguments contre les républicains pour la prochaine élection présidentielle. Mais cela suffira-t-il à convaincre sa compagne...?

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 nu #35 1920 10 23 Hallowe'en (? x ?cm)

Cette couverture du 1920 10 30 " Hallowe'en " permet à Norman Rockwell de montrer une fois de plus la complicité entre les anciens et les enfants. Comme dans " Gramps at the Plate ", ou " Picture Palace " et plus tard dans  " A Meeting of the Minds " ou  "The Model ".
On voit dans cette surprise feinte - il en laisse quand même échapper ses lunettes - toute la tendresse du grand père devant la petite fille qui découvre sa jupe et ses jambes en levant les bras ! Même le chien ne s'y trompe pas, et son arrière train levé nous montre bien qu'il veut jouer lui aussi.
Rockwell avouait lui-même qu'il savait mieux représenter les garçons que les filles, sans doute du à son long passage comme directeur artistique de la revue " Boy's Life ", mais les petites chaussures Mary-Janes qu'il nous montre, ainsi que la jupette qui apparait ne laissent aucun doute. Suggérer plutôt que montrer, c'est tout le talent du peintre.

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nu #36 1920 12 04 Santa' Expenses (56 x 51cm)

Il aura fallu attendre quatre ans après " Playing Santa " du 1916 12 09 pour que Norman Rockwell propose une deuxième couverture de Noël
Mais cette couverture qui arrive le 1920 12 04 "Santa' Expenses " est le début d'une tradition que le peintre allait honorer jusqu'en 1956.
Reprenant l'image du Père Noël tel qu'on le représentait déjà à l'époque ( Non, non, le Père Noël n'est pas l'invention de Coca-Cola. En 1931, l'illustrateur Haddon Sundblom a juste fixé dans l'esprit des gens l'image qu'il avait déjà et l'a popularisé pour la postérité . Voici quelques uns de ses Père Noël. Il est amusant de savoir que parfois Sundblom se servait de lui-même comme modèle devant son miroir. Sa dernière illustration de Noël pour le magazine Playboy en 1972 est un sacré clin d'oeil à la libéralisation des moeurs !  Je guette d'ailleurs devant ma cheminée l'arrivée de ce Père Noël depuis 1972... )
Cette parenthèse sur cette légende urbaine refermée, revenons donc à Norman Rockwell.
Il se sert encore du cercle pour faire apparaitre les yeux pétillants et plein d'espoir des enfants, donnant encore un peu plus de force au regard bienveillant du Père Noël. Pas économe, mais regardant quand même aux dépenses, vu l'épaisseur de son livre. Le souci du détail est encore poussé, il suffit de regarder les lettres " SC" ( pour Santa Claus ) sur le marque page qui sort du livre.
Et puis les lettres qui composent le mot " Christmas" ont ravi le fabricant de chaussettes " Interwoven " car c'ést la même écriture qui servait à écrire leur logo. Aussi, Lorimer - l'éditeur du Post - dit à Rockwell de leur facturer deux fois plus cher les pubs qu'il leur ferait !

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