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                     1945 : 10 Couvertures    Index
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Cliquez sur le titre de chaque couverture pour agrandir celle-ci

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227eme couverture #227  1945 03 17 Income Taxes   (? x ?cm)                                       
   
La majorité des contribuables attendent le dernier moment - souvent la dernière soirée - pour s'affranchir de cette corvée qu'est la déclaration de revenus. Mais le résultat est le même, quelle que soit la date, il faut faire sa déclaration, nul n'y échappe!
L'échéance étant fixée au 15 Mars, ce pauvre contribuable a sorti in extremis tous ses papiers, mais il en a posé partout! A droite, devant, en dessous, à gauche! Comment va-t-il s'y retrouver?
Le gouvernement Américain a retardé cette date limite de déclaration des revenus en 1954, la faisant passer du 15 Mars au 15 Avril mais cela ne change pas grand chose, c'est toujours le règne du "dernier instant",  !
Le chat, content de cette présence, lui tient compagnie, roulé en boule. Le thermos de café est à portée de main aussi, car la nuit risque d'être longue...
L'abat-jour est incliné pour donner un maximum de lumière, certainement pour ne pas oublier la moindre des déductions auxquelles il peut prétendre!
Voici quelques photos de la séance de pose,* Rockwell a même songé faire figurer la femme du contribuable, harassée de fatigue, sur la couverture, mais y a renoncé, ne voulant pas perturber le regard du lecteur par une présence supplémentaire détournant l'attention du sujet principal.
C'est George Zimmer, que l'on avait déjà vu dans "Armchair General" et que l'on retrouvera sur "Piano Tuner", "Swimming Hole" et "The Gossips" , qui est le modèle pour ce contribuable.
Rockwell donna d'ailleurs au couple une des esquisses qui servit pour cette couverture du Post.

*Ces photos viennent des Archives du "Norman Rockwell Museum", Stockbridge, Massachusetts.
                                                  
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228eme couverture #228 1945 03 31 April Fool (? x ?cm)

Cette couverture fut une des plus populaires de Norman Rockwell, car elle traitait d'un sujet que les Américains aimaient bien, le "Jour des Fous", autrement dit le Premier Avril.
Après l'énorme succès de son premier essai du 1943 04 03, "The Game (April Fool)", pourquoi donc ne pas faire une seconde couverture sur ce thème?
Aussi, il demanda à son voisin d'Arlington, John Atherton, de poser pour cette illustration, car, disait Rockwell, "je ne vois personne d'autre avec un visage aussi parfait pour ce type de couverture". Voici deux photos* de la séance de pose où l'on retrouve les deux amis sous l'oeil du photographe.
John Atherton (1900-1952) était donc l'ami de Norman Rockwell. Il était aussi un illustrateur de renom, et il produisit de nombreuses couvertures pour le Post, comme celles-ci, ou des illustrations comme celles-là.
Il fit partie de la "Famous Artists School" (voir article en fin de la page "PUBS 04")
Son autre grande passion était la pêche à la mouche. Il créait lui-même les mouches qu'il employait, et faisait de nombreux voyages pour assouvir cette passion.
Hélas, elle lui fut fatale, puisqu'il se noya suite à un malaise lors d'une partie de pêche dans le New Brunwick, au Canada en 1952.
Bon, vous avez trouvé les incongruités déposées çà et là par Rockwell? Il y en a de flagrantes, mais d'autres qu'il faut un peu chercher, et d'autres qui sont tirées par les cheveux.
En voici une liste établie dans le livre :
"NORMAN ROCKWELL  AND THE SATURDAY EVENING POST Vol 3 (the Later Years) " par D. &  M. STOLTZ (© The Four S 1976) p.23
Mais il y en a sûrement d'autres, à vous de jouer!

*Ces photos viennent des Archives du "Norman Rockwell Museum", Stockbridge, Massachusetts
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229eme couverture #229 1945 05 26 Homecoming G.I (71 x 56cm)

"Le Retour du G.I à la maison"... Pas moins de 17 personnages pour cette scène... sans compter le chien ! J'adore l'attitude et le regard que la jeune fille à gauche lance au jeune soldat... D'ailleurs tous les regards convergent vers le jeune G.I qui revient sain et sauf de la guerre. Que ce soit la famille, les amis, les voisins, tous sont heureux de le voir rentrer au foyer. Rockwell chercha pendant deux jours  pour trouver l'endroit qui ferait son décor !
Cette couverture est devenue une des plus célèbres de Rockwell. Le trésor public Américain choisit ce tableau pour en faire 300 000 posters au profit de la 8ème émission des bons de guerre, qui permettaient d'apporter des fonds pour l'effort de guerre Américain. Rockwell fut également honoré, à travers ce tableau, par la Société des Illustrateurs.
Rockwell et John Atherton (voir l'article précédent) ont cherché l'endroit idéal pour le décor de cette couverture. Ils l'ont trouvé dans la ville de Troy, non loin d'Arlington.
Cette maison était située au 1715, 7th avenue, Troy NY.*
Elle n'existe plus de nos jours, remplacée par un parking. Une fois le décor trouvé, Rockwell n'eut plus qu'à rajouter les différents personnages*, parmi lesquels on retrouve Yvonne Cross (la gamine de "Voyeur") et sa soeur, son frère et son père. Il y a également Billy Brown, (qui figure avec Yvonne sur le calendrier des "Four Seasons" de 1949 "Young Love"). Parmi les autres modèles, il y le couple LaBombard, Elizabeth et Alfred, cuisinière et jardinier à Arlington, Ardis Edgerton, dont beaucoup de membres de la famille poseront pour Rockwell, surtout pour les illustrations sur les scouts, et Jenny McKee (elle tient le rôle de la mère qui accueille son fils) dont le mari, Harvey, fut le sheriff qui pleurait au son de l'harmonica du prisonnier dans "Sheriff and Prisoner" du 1939 11 04.

*Ces photos viennent des Archives du "Norman Rockwell Museum", Stockbridge, Massachusetts

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230eme couverture  #230 1945 08 11 Swimming Hole  (? x ?cm)                                
  
Cette couverture d’été fut commencée par une froide journée de Mars. Un des problèmes rencontrés par un artiste qui peint des couvertures de magazines est qu’il lui faut un certain temps entre la commande et la réalisation de cette couverture. Ainsi, Rockwell travaillait souvent l’été pour les couvertures d’Hiver, de Thanksgiving ou de Noël, et il travaillait l’Hiver pour les couvertures de Printemps, de Pâques ou de vacances. Mais c’était ainsi beaucoup plus dur de rendre exactement ce que l’on voulait représenter, à cause entre autres du décalage saisonnier que le peintre s’imposait.
C’est un voisin de Rockwell qui posa pour cette couverture. Il s’appelle George Zimmer, et on l’avait déjà vu dans "Armchair General" et dans "Income Taxes". On le retrouvera un peu plus tard dans "Piano Tuner" et sur "The Gossips".
Pour cette couverture, si elle avait été peinte durant l’été, il n’y aurait eu aucun problème pour que Zimmer se plonge dans une mare… mais en plein mois de Mars, l’Hiver court encore dans le Vermont, et les mares d’Arlington servent encore de piste pour le patin à glace !
Aussi, durant la session photo dans le studio de l’artiste*, George Zimmer se retrouva sur une chaise, torse nu, et un miroir à l’horizontale entre ses mains pour que l’on voie son reflet. Il fut copieusement arrosé sur la tête pour que son visage ruisselle d’eau*. Et puis, Rockwell et Zimmer accrochèrent un ballon à une canne à pêche, et trempèrent celui-ci dans un bac rempli d’eau, de façon à ce que le photographe saisisse les remous produits. Ainsi, il avait tout ce qu’il fallait pour que cette couverture soit nature !
Quand Rockwell eut fini sa dernière esquisse , comme à son habitude, il la montra à ses amis et ses voisins pour avoir leur avis avant de peindre le tableau définitif qui s’en ira chez Curtis pour être imprimé.
Mais un de ses amis, représentant de commerce, lui fit remarquer que cette esquisse présentait un grave defaut : en effet pas un représentant ne quitterait sa voiture sans en fermer les portières, comme Rockwell l'avait représenté par erreur*.
Rockwell reprit alors son tableau et "referma la portière" de la voiture… Et c’est cette version qui servit de couverture pour le Post du 1945 08 11 "Swimming Hole".
Quant à l'esquisse "coupable", elle se trouve au Norman Rockwell Museum de Stockbridge, Massachusetts.

*Ces photos viennent des Archives du "Norman Rockwell Museum", Stockbridge, Massachusetts
                                                      
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231eme couverture #231 1945 09 15 Home on Leave (On Leave) (? x ?cm)

Norman Rockwell peignit cette couverture un mois après la capitulation du Japon, qui marquait la fin de la deuxième guerre mondiale. Le pays célébrait enfin la Paix, les années d’incertitude et d’agitation semblaient définitivement derrière lui.
Dans "On Leave" ou "Home on Leave", Rockwell peint le soulagement  d’une nation à travers un jeune soldat en uniforme qui fait la sieste allongé dans un hamac, à l’ombre des arbres.
En 1945, Rockwell fera cinq couvertures pour le Post, ayant pour sujet le retour des soldats à la maison. Ce sont : "Homecoming G.I", "Home on Leave", "War Hero", "Thanksgiving" et "An imperfect Fit"
 
"Home on Leave" est la seconde de la série. Elle fut décrite dans le Post par l’éditeur comme suit :
"Beaucoup de jeunes marins de retour vont bientôt faire comme celui de Norman Rockwell, à savoir échanger tous les palmiers du Pacifique contre l’ombre d’un pommier dans la cour de leur maison.
Juste pour vous montrer comment l’artiste travaille, maintenant que son tableau est terminé, décortiquons cette illustration : Le marin revient de la guerre ? En fait, Norman a trouvé son modèle, Leo Maguire*, au Williams College.
Sa tenue vient d’un de ses camarades, il l’a empruntée car la sienne n’avait pas tous ces galons sur la poitrine.
Rockwell a emprunté le chien à son fils Tommy* ; il a aussi emprunté le hamac à l’un de ses voisins, Robert Smith.
La maison n’est ni celle du peintre, ni celle de son modèle, elle appartient à un autre voisin, "Vic" Yelo. Les chaussures sont celles de Norman Rockwell. Il n’avait pas de cigarettes à ce moment, et ne put en emprunter au marin… Il les peignit alors de mémoire !" (Editor’s note, Saturday Evening Post, 1945 09 15)
 
Rockwell chroniqua plus que tout autre artiste Américain la vie de tous les jours pendant la Deuxième Guerre Mondiale, à travers des calendriers, des posters, des publicités, des illustrations qui dépeignaient, parfois avec humour, souvent avec tendresse le patriotisme de gens ordinaires qui accomplissaient leur effort de guerre.
Sur les 33 couvertures créées par Rockwell pour le Post pendant la guerre, 25 d’entre elles traitent de la guerre.
Quand le logo du Post changea en 1942, laissant plus de place à l’illustration qui couvrait dorénavant toute la surface de la couverture, Rockwell fit particulièrement attention à tout ce qui entourait ses personnages, et se servit en abondance de la photographie pour enregistrer le maximum de détails. Les photos devinrent une grande source d’informations pour le peintre, lui donnant encore plus matière à bien raconter ses histoires.
Dans l’étude que Rockwell prépara pour "Home On Leave", il peignit directement par-dessus une photo de la scène, une méthode de travail qu’il employait pour affiner les détails de ses compositions les plus poussées.
Dans son livre "Norman Rockwell’s America", p 19,  Christopher Finch nous dit :
"Cette période de guerre vit le début de l’ère où le souci du détail devint la norme dans le travail de Rockwell. Créativement, ce fut une période très fertile, cela marqua la naissance de la maturité du peintre."
 
Dans « Home on Leave », Rockwell célèbre la paix retrouvée de l’Amérique, et avec elle, la sécurité et le confort de la maison. Le chien fidèle se repose sur les jambes de son maitre, le porche d’une maison bien entretenue apparait un peu plus loin. Les rayons du soleil passent à travers les feuilles de l’arbre, et un paquet de cigarettes ouvert, l’accessoire classique de tout marin Américain est posé dans une des chaussures bien usées du garçon.
Rockwell alla au Williams College pour trouver le bon modèle qui poserait pour « Home on Leave » et repéra Leo Maguire* sur le campus. D’après Lorraine Lauzon, une artiste qui fut amie d’enfance de Maguire, celui-ci était un étudiant originaire de Lynn, Massachusetts, qui s’est engagé dans la Marine sitôt les études finies.
Quand le Post parut avec Maguire en couverture, celui-ci devint le héros local.
Les couvertures de magazines de Norman Rockwell d’après-guerre sont parmi les plus renommées et appréciées de toutes celles qu’il a faites.
Christopher Finch, écrivit  encore :
"La période qui va du milieu des années 40’s jusqu’à la fin des années 50’s est certainement la période  du meilleur de Rockwell"  (Dans son livre "Norman Rockwell’s America", p 31.) Cet auteur a écrit un grand nombre de livres sur la culture populaire des Etats Unis, livres sur Disney, Rockwell, les Muppets de Jim Henson, etc...
 
Cet article se fonde en grande partie sur une page du site de Sotheby’s, où est reproduit un extrait du catalogue de la vente aux enchères de ce tableau à New York, le 23 Mai 2007.
Estimé de 2.000.000$ à 3.000.000$, ce tableau changea de mains pour 4.520.000$...

*Ces photos viennent des Archives du "Norman Rockwell Museum", Stockbridge, Massachusetts

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A PROPOS DE
sep1938


sep1945
                               A Gallery of Covers
Norman Rockwell Museum ( Stockbridge, Massachusetts )

Un petit visuel pour que vous vous rendiez compte de ce que cela fait sur un mur....
Sur cette photo du Museé Norman Rockwell de Stockbridge, Massachusetts, il y a exactement 144 couvertures que Norman Rockwell a illustrées pour le Post.
Essayez maintenant de vous imaginer la totalité des 323 qu'il a faites pour ce magazine !

Et ce n'est pas tout ! On peut aussi en rajouter 7 pour American Magazine, 5 pour American Boy, 2 pour American Artist, 1 pour American Weekly, 1 pour Argosy, 53 pour Boy's Life, 4 pour Child Life, 1 pour Children Digest, 1 pour Christian Herald, 1 pour Clues Magazine, 4 pour Collier's, 34 pour Country Gentleman, 1 pour Crest, 1 pour Disabled Veterans, 2 pour The Elks, 1 pour Everyland Magazine, 2 pour Family Circle, 1 pour Famous Artist, 5 pour Farm & Fireside, 1 pour Fisk News Club, 4 pour Grade Teacher, 1 pour A guide through New England, 6 pour Judge, 2 pour Ladies' Home Journal, 6 pour Leslie's, 28 pour Life (Humour Magazine), 47 pour literary Digest, 2 pour Look, 1 pour McCall's, 3 pour Parents Magazine, 3 pour People Popular Monthly, 2 pour Popular Magazine, 2 pour Popular Science, 1 pour Publishers Weekly, 3 pour Recreation Magazine, 1 pour Remparts, 4 pour Red Cross Magazine, 2 pour Rotarian, 3 pour St Nicholas, 17 pour Scouting, 1 pour Senator Magazine, 3 pour This Week, 3 pour TV Guide, 1 pour Vermont Life, 5 pour Youth's Companion.... Et il y en a sûrement d'autres ! Sans compter les magazines reproduisant des couvertures ou des illustrations déjà parues sur d'autres titres !
Et je ne parle pas ici des pubs ni des illustrations qu'il a produites par ailleurs !...
Tout cela pour vous dire que la production de Rockwell est considérable.
Le remarquable ouvrage " NORMAN ROCKWELL : A DEFINITIVE CATALOGUE "de LAURIE NORTON MOFFATT (© Norman Rockwell Museum 1986) répertorie plus de 4000 oeuvres que Rockwell a faites dans les soixante ans qu'a duré sa carrière.
Impressionnant, non?!

Je serai très heureux de pouvoir un jour exposer toutes celles que j'ai... dont les 323 du Post !

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232eme couverture #232 1945 10 13 Homecoming Marine (War Hero) (117 x 106,5cm)

Pendant la 2ème Guerre Mondiale, un 1ère classe de la Navy, Duane Parks**, eut une permission et rentra donc chez lui, dans la région du Dorset, dans le Vermont. Il avait fait ses classes à Parris Island, puis avait eu une formation sur des canons de 20mm au Camp Lejeune en Caroline du Nord. Il s’apprêtait à s’embarquer pour rejoindre son unité dans le Pacifique Sud, le 9ème bataillon de Marine.
Aussi, voulant profiter un maximum de sa permission, il alla un soir au dancing à Arlington. Là, il fut approché par l’homme qui vendait les tickets à l’entrée… qui n’était autre que Norman Rockwell lui-même ! Le peintre faisait souvent cela, dans le but de repérer d’éventuels modèles.
Il demanda à Duane Sparks si il voulait bien poser sur une peinture, mais le jeune marin était bien plus intéressé par ce qui se passait au dancing avec les filles que de poser sur une croûte ! Aussi refusa-t-il tout net.
Pourtant, quand il raconta cela chez lui le lendemain,  sa mère et sa soeur lui reprochèrent son refus et le tannèrent jusqu’à ce qu’il accepte.
Rockwell embaucha son ami photographe Gene Pelham (retrouvez dans cet article quelques photos que Pelham fit pour Rockwell),  et celui-ci prit donc Duane Parks en photo. Cela ne  dura que 10 minutes pour le marin, mais il reçut 10$ pour la séance! (Sachant que le Post était vendu 10cts, il était très bien payé pour cela !)
Quelque temps après, Rockwell convia quelques voisins à une séance photos* dans le garage de Bob Benedict. Celui-ci fume la pipe, son frère John est à côté de lui, une casquette vissée sur la tête. Le jeune garçon blond est Jarvis Rockwell, fils ainé de Norman. Le rôle du flic est tenu par Nip Noyce. En vérité Nip est le secrétaire de la mairie d’Arlington, et il est aussi éditeur du journal local. De dos, avec aussi une casquette, le modèle s’appelle Herb Squiers. Et puis le gamin ébahi qui écoute Duane Parks, est Peter Rockwell, le plus jeune fils de l’artiste.
Le jeune marine est rentré de la guerre, bardé de décorations. Il raconte ses faits d’armes à son auditoire. Et toujours cette foule de détails chez Rockwell, comme le drapeau japonais que tient le jeune soldat , certainement pris à l’ennemi, le journal épinglé au mur, annonçant le retour du héros*, la bannière avec son étoile bleue, indiquant qu’un membre du garage est sur le front, le crochet de levage, présent dans tout garage qui se respecte,  la pochette de joints, attendant d’aller équiper un moteur en réfection et puis, au dessus du jeu de filières et tarauds, ce qui représente le plus pour les Américains, le drapeau de leur pays.
Cette couverture a deux titres, « Homecoming Marine » ou « War Hero ». Rockwell a dit plus tard que c’était une des couvertures qui a eu le plus de succès de toutes celles qu’il a faites.
Quand Parks fut pris en photo , il n’avait encore participé à aucun combat, mais cela changea bien vite. Il rejoignit son unité aux Samoa en 1943, et combattit à Guam, Guadalcanal, Munda et Eniwetok. Il gagna ses médailles sur ces champs de bataille.
Son histoire a été racontée dans la revue « Leatherneck » d’Aout 2008**, intitulée : « "Rockwell Marine: PFC Duane Parks epitomized Returned War Hero" ("Le Marine de Rockwell: Le 1ère classe Duane Parks représente parfaitement le Retour du Héros”. (Vous pouvez télécharger le document PDF ici, et l'article se trouve pages 34 à 37**)
Jusqu'à sa mort, enmai 2015, Duane Parks** arborait fièrement le drapeau des Marines devant sa maison.
Le tableau fut vendu aux enchères par Sotheby's  pour 9,2 millions de $ en 2006

*Ces photos viennent des Archives du "Norman Rockwell Museum", Stockbridge, Massachusetts.
** Ces photos sont extraites du magazine "Leatherneck" d'Août 2008
"Leatherneck", - littérallement "Cou de Cuir" -  est la revue des Marines Américains depuis 1917.

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233eme couverture #233  1945 11 03 Clock Mender (Man setting Clock)  (? x ?cm)  

Alors qu'il visitait Chicago en 1945, Rockwell remarqua les deux gigantesques horloges en bronze de 7 tonnes chacune qui étaient l'orgueil du Grand Magasin Marshall Field & C°. (Ce magasin est entre autre connu pour son plafond en mosaïque réalisé par Tiffany en 1907.)
Le peintre vit là la possibilité d'une couverture pour le Post, qu'il s'empressa de réaliser.
Ces deux horloges ont donné l'heure exacte aux habitants de Chicago qui travaillent sur le "Loop" - le quartier d'affaires - pendant des années et seule une panne de courant pouvait arrêter la marche inexorable des aiguilles.
Et c'est ce qui vient de se produire! Le technicien est arrivé et, juché sur un escabeau, il est en train de remettre l'horloge à l'heure exacte, s'aidant pour cela de l'heure donnée par sa montre gousset. Il faudra ensuite qu'il procède de la même façon pour les autres panneaux de l'horloge.
Notez le nid d'oiseau à gauche de l'horloge, confirmation de la soif de détails dans l'oeuvre de Rockwell. Un petit détail insignifiant, sans doute, mais qui tranche avec le sérieux du technicien.
Ces horloges électriques étaient contrôlées par un mouvement qui s'auto-régulait toutes les demi-heures. Chaque cadran fait environ 1,20 mètre de diamètre et se trouve perché à environ 5 mètres au dessus du trottoir.

Le tableau original de Rockwell se trouve au Chicago Historic Museum de Chicago. Et il a une histoire bien particulière...
Rockwell l'avait donné à Marshall Field & C° en 1948. Cette société, qui appartenait au groupe "Target" fut revendue en 2005. Le tableau faisait partie de l'inventaire, et donc de la vente de la société. Mais les nouveaux propriétaires s'aperçurent qu'en fait le tableau qu'ils avaient n'était qu'une copie! Ils intentèrent donc une action pour récupérer le tableau auprès de Target. Mais ceux ci ne répondaient pas aux injonctions...
En fait, ils étaient en train de négocier la donation du tableau au Chicago Historic Museum, ce qu'ils firent fin 2005, prenant tout le monde de court.
Les nouveaux propriétaires, beaux joueurs, affirmèrent qu'ils auraient aussi donné le tableau au Musée s'ils l'avaient récupéré... 
Dommage que le tableau ne soit pas bien mis en valeur dans ce Musée : il est en effet exposé à côté d'un ascenseur et  dans un endroit plutôt mal éclairé...
Un autre tableau de Rockwell est aussi dans ce Musée, il s'agit de "Mrs O'Leary and her Cow" dont la vache et la fermière furent la cause du Grand Incendie de Chicago de 1871

En 2003 Marshall Field & C° a fait réaliser une reconstitution de la scène de Rockwell, mais à la seule différence qu'au lieu d'être juché sur un escabeau, le mannequin se trouve assis sur une nacelle suspendue par le haut. Gros succès pour le magasin !!!              
                                                           
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